Quiconque est familier avec le monde des banques de données sait qu'il est plus facile d'obtenir de l'information sur la plus petite ville des États-Unis alors que savoir ce qui se passe à Trois-Rivières relève du miracle. Dans la même veine, même une revue à faible tirage est accessible sur banques de données; ici, essayez donc de repérer un article en gestion écrit dans l'une de nos revues universitaires ou encore une thèse, un rapport de conférences ou toute autre information savante produite ici.
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En matière d'information, nous sommes colonisés et nous n'avons pas les outils qui permettraient de repérer et de diffuser la production d'ici. |
Les tentatives de construction d'une industrie de l'information au Québec ne datent pas d'hier et ont presque toujours été le fait du gouvernement ou de ses sociétés.
Fin des années 1970, Informatech France-Québec se veut le serveur et le développeur de banques de données au Québec. Quelques années plus tard, l'expérience s'éteint. Les banques de données sont rapatriées par une industrie privée qui vivote grâce aux subventions gouvernementales.
Les gouvernements ont développé des banques de données qu'ils n'ont jamais réussi ou voulu commercialiser. Ils sont actuellement tentés de privatiser ce secteur comme le montre la voie suivie par le gouvernement fédéral. Ou encore, ils ont protégé des secteurs (Ex. Soquij dans le domaine juridique) qui, faute d'être réellement en concurrence, n'ont pas l'aiguillon pour développer des produits concurrentiels en termes de prix et de valeur ajoutée. Ou encore, ils en diffusent gratuitement les produits (Ex. Ministère de l'Industrie et du Commerce (MIC)).
Dans les universités, on a développé des réseaux d'information (Ex. Badaduq) qui servent à ces institutions et qui ne sont pas commercialisés. De même, dans les instituts ou les centres de recherche qui, faute de moyens ou de visions, n'ont pas su développer leurs produits d'information documentaire afin de les rentabiliser. Dans certains cas (Ex. Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ)), il y a une volonté de commercialiser l'information, volonté qui se heurte aux résistances du marché.
L'entreprise privée, sauf récemment Cedrom-SNI, n'a jamais réussi une percée dans le secteur de l'information, ni comme producteur d'informations à l'exemple des grandes entreprises américaines ou européennes (Ex. Institute for Scientific Information (ISI) ou Information Access Company (IAC)), ni comme diffuseur à l'exemple de Dialog, ni comme firme de recherche à l'exemple de Find/SVP.
S'il est vrai que le Québec est un petit marché, il a un bassin de production qu'il aurait pu et peut encore exploiter et il est à la confluence de deux mondes, l'européen et l'américain.
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Cette situation est aberrante alors que nous sommes à l'ère de l'information...
Il est vrai que l'accessibilité à Internet est encore réduite. Cependant, le potentiel qu'offre Internet dans une optique de création d'une industrie de l'information peut être intéressante surtout si les transactions commerciales peuvent s'effectuer en toute sécurité.
Le gouvernement a un rôle à jouer car il doit encourager ses ministères, organismes, instituts de recherche, etc. à promouvoir l'information d'ici. Il doit stimuler et appeler à un immense effort collectif afin de mettre en valeur l'information d'ici sous toutes ses formes.
Il faut fournir aux différents intervenants des moyens et des outils qui leur permettront de rendre accessible l'information produite et la diffuser, gratuitement ou non.
Voici quelques pistes d'action
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La culture d'un peuple doit être largement diffusée. Le colonialisme culturel se manifeste aussi par l'absence d'accès à l'information produite sur le territoire. Internet offre des opportunités très intéressantes à cause de sa convivialité, de sa facilité d'accès, de ses possibilités commerciales. Il est un vecteur indispendable qui, dans cette optique, n'est aucunement menaçant. |
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