La guerre existera-t-elle toujours ?


Y aura-t-il toujours des guerres, des massacres, des génocides ? À la veille de clore ce siècle - qui avait quasiment commencé avec le massacre des Arméniens - voilà que nous assistons en direct, sous l'oeil des caméras, à de nouveaux massacres, celui des Kosovars en ex-Yougoslavie.

Il semble bien que le XXIe siècle ne sera pas différent des autres siècles à cet égard à moins d'un revirement incroyable de l'humanité. La civilisation ne progresse qu'à petits pas.

Internet d'ailleurs a été pour la première fois mis à contribution : il y a eu une "guerre de l'information virtuelle" comme cela ne s'était jamais produit jusqu'ici. Les médias souvent s'alimentaient directement aux sites Web des combattants. Le Pentagone est aussi entré dans cet Infowar dont les débuts remontent toutefois à la 2e guerre mondiale, comme le signale d'ailleurs le professeur Randall Whitaker de l'Université Umea de Suède. Le  Information Warfare Research Center publie d'ailleurs régulièrement sur le sujet études et articles. Sa page de liens montre que cette préoccupation prend d'ailleurs de l'ampleur.

Y a-t-il de l'espoir ?

Le 22 mai dernier, la procureur du  Tribunal pénal international pour l'Ex-Yougoslavie , la Canadienne Louise Arbour, intente des poursuites pour crimes contre l'humanité - spécifiquement meurtre, déportation, persécutions et violations des lois qui encadrent la pratique des guerres - contre

- Slobodan Milosevic, le président de la République fédérale de Yougoslavie
- Milan Milutinovic, le président de la République de Serbie
- Nikola Sainovic, le premier ministre de la République fédérale de Yougoslavie
- Dragoljub Ojdanic, le général en chef des armées de la République fédérale de Yougoslavie
et
- Vlajko Stojilkovic, le ministre des affaires intérieures de la République de Serbie.

C'est une première pour le Tribunal international que d'intenter des poursuites contre des présidents et des premiers ministres en exercice. On dira de Louise Arbour qu'elle a manqué de sens politique. Si au contraire, elle en avait eu plus que tous ces dirigeants qui se voilent la face pour ne pas voir ce qui se passe autour d'eux ?

Le droit humanitaire doit prendre sa place aux côtés et nous dirions, au-dessus des autres droits car il en va d'une certaine conception de la civilisation.

Nous soumettons à la réflexion l'article de Daniel Warner dans "La politique de la séparation du politique de l'humanitaire" dans la  Revue internationale de la Croix-Rouge  no 33, pp. 109-11, il faut ménager un "espace humanitaire, un espace qui serait clairement séparé du politique" sans qu'il y ait toutefois une séparation rigide à cause des contraintes et des limites que cela suppose.

Dans le contexte de la globalisation et de la mondialisation des marchés, avec ses conséquences en termes de conflit mais aussi d'extension internationale de tous les genres de criminalités (mafias notamment), la présence active et opérationnelle de tribunaux criminels internationaux apparaît comme une nécessité. Nous vous référons d'ailleurs à cette page-liens de l' Université de Chicago  qui recense livres, articles et ressources Internet sur les tribunaux criminels internationaux.

Il est triste de souligner que MétaFuturs suivra les développements de l'Infowar. Nous aurions préféré - à l'aube du troisième millénaire -  entrevoir un monde sans guerre et sans conflits meurtriers. Ce n'est qu'une utopie ...pour le moment !
 

La rédaction
juillet 1999
 


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