Clonage humain : Richard Seed


Le clonage de cellules vivantes continue de faire les manchettes. Nous avons parlé sur MétaFuturs des Dolly, Polly et autres brebis cobayes. Les opportunités d'affaires ne sont pas seulement du côté des scientifiques de l'Institut Roslin.

C'est que contrairement au clonage humain, le clonage animal ne fait l'objet d'aucune interdiction. Mais même cette interdiction du clonage humain est mis en brèche. En décembre dernier, le Dr Richard Seed faisait une déclaration qui en a étonné plusieurs lors d'un symposium à Chicago sur les techniques de procréation médicalement assistée : il se disait prêt à se lancer dans des expériences de clonage de l'être humain.

Quelques jours plus tard, plusieurs stations de radio et journaux américains reprenaient ses propos que cite le Dennis Byrne : "God made man in his own image. God intended for man to become one with God. We are going to become one with God. We are going to have almost as much knowledge and almost as much power as God. Cloning, and the reprogramming of DNA, is the first serious step in becoming one with God." . Le scientifique envisageait alors de cloner jusqu'à 500 humains par année.

Assez étonnant, n'est-ce pas ? Et puis non, l'homme n'a-t-il pas toujours rêvé aux dieux et à Dieu, n'a-t-il pas toujours rêvé de remplacer Dieu ? Mais qui est Dr Richard Seed ? Richard Seed détient un doctorat en médecine de l'Université Harvard et est un scientifique bien connu de Chicago. Dans une entrevue qu'il accordait au réseau de télévision publique PBS, il annonçait alors son intention de créer une clinique de clonage humain dans la région de Chicago et d'en faire une clinique de fertilité qui soit rentable.

Selon nos recherches, il ne semble pas que Dr Seed ait mis en oeuvre son projet. Les appels à un moratoire sur le clonage humain semblent avoir réussi à enrayer un tel développement. Mais cela n'empêche pas une nouvelle forme à la fois de militantisme et d'opportunisme d'affaires.

Ainsi, sans pouvoir en identifier la source, nous avons repéré le site Internet de The Human Cloning Foundation dont le slogan est : "You don't have to die". En formation, la Fondation prône l'usage du clonage humain et offrira la possibilité de stocker des cellules ADN pour un possible futur clonage. Les mystérieux organisateurs ont créé une page référence où l'on trouve plusieurs sites sur le clonage.

Quant aux opportunités d'affaires, la plus frappante est l'initiative d'une société en cours de structuration, CLONAID. Clonaid est une extension du mouvement raëlien. Clonaid se propose d'offrir un nouveau service de clonage des animaux de compagnie aux personnes fortunées souhaitant retrouver leur animal disparu. Ce service sera notamment proposé aux propriétaires de chevaux de course, un marché très prometteur.

Clonaid veut être aussi la première compagnie de clonage humain. Avec son siège social aux Bahamas, elle envisage de construire un laboratoire dans un pays où le clonage n'est pas illégal. Elle offrira ses services aux parents fortunés du monde entier puisqu'elle demandera aussi peu que 200 000$us pour son service de clonage, Insuraclone.

Quant aux problèmes éthiques, ils ne se posent pas. Le communiqué de presse du mouvement raëlien cite le Dr Brigitte Boisselier, Ph.D. : "Les parents ont le droit de décider d'avoir un enfant qui aura le même bagage génétique que l'un deux".

Les propos du Dr Seed ont suscité beaucoup de réactions à l'époque : l'église méthodiste à laquelle appartient le Dr Seed a demandé un moratoire sur le clonage humain et plusieurs scientifiques se sont prononcés contre le clonage humain et exigé la vigilance de toute la communauté.

Voilà un dossier à suivre qui risque de nous réserver des surprises alors que nous cheminons vers la fin du XXe siècle occidental.



Mai 1998
La rédaction



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