L'un des éléments-clés d'une civilisation est sa capacité à assurer la sécurité des personnes qui gravitent dans son orbite.
Avant la naissance des nations, les villes ont eu cette fonction : que l'on pense à Athènes, à Sparte, à Rome ou aux villes du Moyen-Âge.
Les nations ensuite, encadrées juridiquement dans des pays, ont pris la relève. Les pays dirigés par des gouvernements ont ainsi mandaté des appareils d'État, nationaux et internationaux, pour remplir ainsi leurs devoirs envers les citoyens, envers la société dite civile.
La sécurité touche la personne, son intégrité et ses droits reconnus par les différentes Chartes tant nationales qu'internationales.
Deux aspects de cette sécurité sont à l'agenda en ce début de siècle.
La sécurité alimentaire d'abord. Au couchant, le ciel britannique rougeoit. Non pas parce que le soleil s'éteint à l'horizon mais parce que les bûchers brûlent, transformant en cendres des milliers d'animaux de ferme et d'élevage.
La sécurité alimentaire est multiforme. Cela touche la santé animale et la prévention des maladies et des infections mais aussi la sécurité des aliments pour animaux et la sécurité des produits alimentaires soumis de plus en plus aux manipulations génétiques et objet d'expérimentation de l'industrie de la biotechnologie.
L'Europe est aux premières loges pour ce qui est de la sensibilisation à ces enjeux.
Au Québec, le gouvernement a modifié en juin 2000 sa Loi sur les produits alimentaires afin d'améliorer la sécurité alimentaire des produits et d'accorder de nouveaux pouvoirs d'intervention.
Toujours ici, la filière agroalimentaire du Québec s'est prononcé en faveur de l'étiquetage des denrées génétiquement modifiées.
Des énoncés dont il est difficile de voir clairement les actions concrètes.
L'autre aspect est celui du bioterrorisme. Dans son dernier rapport (1999), le Service canadien du renseignement en fait état et considère que le terrorisme biologique est une menace dont il ne faut pas sous-estimer la gravité.
La rapidité avec laquelle les autorités canadiennes ont réagi à l'alerte au possible virus Ebola (Voir la fiche technique préparée par le Laboratoire canadien de lutte contre la maladie sur le site de Santé Canada) suite à l'entrée au pays d'une ressortissante congolaise (qu'on soupçonne d'être mêlée au trafic de diamants) montre le sérieux de la menace d'autant qu'il n'y a pas de vaccins ou de médicaments contre cette forme de virus sur lequel courrent les plus folles rumeurs quant à son origine.
Le site Web du Center for Civilian Biodefense Studies est une mine d'information sur le sujet. On y apprend que l'arsenal iraquien d'armes biologiques est resté intact malgré la guerre. Que le groupe japonais Aum Shinrikyo avait effectué au moins neuf tentatives de propagation de virus pouvant contaminer la population de Tokyo à l'anthrax et au botulisme. Enfin, qu'en ex-Union soviétique, l'arme biologique est une réalité issue des programmes de recherche gouvernementaux et de l'Armée et que ces armes peuvent se retrouver sur le marché noir, contrôlé par les mafias du pays. Une monnaie d'échange comme une autre !
Le mot sécurité, qui vient du latin securitas et securus, sûr, était rarement employé avant le XVIIe siècle. Parions qu'il en sera de même au XXIe siècle sinon comme enjeu de société.
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