Dernier ouvrage du philosophe Jacques Dufresne - qui anime notamment le groupe Agora - Après l'homme ... le cyborg est une réflexion sur la relation entre l'homme et la technique, au moment justement où notre corps sera bientôt envahi par de nouvelles prothèses issues des dernières avancées technologiques.
Il s'inquiète que la machine devienne le nouveau paradigme et souhaite que l'on se ré-interroge sur la relation entre l'homme et la machine en cette nouvelle ère. Le cyborg est la symbiose entre la noosphère - terme créée par Teilhard de Chardin et qui représente cet univers d'information en train de se constituer - grâce à la technologie - au-dessus de la biosphère - et le corps humain.
Le risque : que l'homme se retrouve non au-dessus de la technique mais en dessous. Que le techno-millénarisme ne remporte victoire sur victoire au détriment des besoins fondamentaux de l'homme. N'écrit-il pas reprenant une analyse de David Noble (The Religion of Technology, Knopf, 1997) : "tout au long de l'histoire de l'Occident, on a souvent négligé l'humble bonheur quotidien des gens ordinaires, au profit d'aventures millénaristes, telle la conquête de l'atome, celle de l'espace ou du génome, dont personne ne s'est jamais demandé sérieusement si elles correspondaient aux besoins humains fondamentaux" (p. 161).
Interrogeant le rôle des médias, de la technologie, de la science, Jacques Dufresne fait un retour sur le premier millénaire du christianisme pour nous expliquer comment la technique en est venue à être une voie d'accès à l'éternité, un moyen d'échapper ou de tenter d'échapper à notre condition humaine.
Une lecture pour ne pas perdre son âme...
La rédaction
Février 2000