Révolution tranquille (2)

Principaux éléments idéologiques

1. ´On est capableª : ´Nous avions l'habitude d'exprimer davantage nos croyances que nos sentiments. Nous écrivions à distance de notre être profond et nous vivions de mêmeª. Ce diagnostic de Fernand Dumont 28 est sévère. Mais combien d'autres le corroborent, dont celui de Pierre Perrault, poète et pas encore cinéaste, que nous retrouverons plus loin. Tout l'ouvrage Les Québécois de l'équipe de Parti pris 29 témoigne de cet être dépossédé de son identité profonde et dominé dans son imaginaire. En renversement de ces images négatives, la Révolution tranquille a comme principal effet, selon Marcel Rioux, ´une revalorisation de soi, la réapparition d'un esprit d'indépendance et de recherche, qui avait gelé au cours d'un long hiver qui a duré plus d'un siècle. Les Québécois acquièrent la certitude qu'ils peuvent changer beaucoup de choses s'ils le veulent vraimentª 30. Le slogan du jeune parti Rassemblement pour l'indEpendance nationale (RIN) clame partout : ´On est capable!ª Ce que prouve la réalisation de ce méga-projet qu'est le harnachement des rivières Manicouagan et Outardes mis en branle au début de la décennie. Tous les jours, lors de l'exposition universelle de Montréal, en 1967, les milliers de visiteurs pouvaient assister en direct, sur écran géant, à la construction du barrage de Manic 5, le fleuron de la nouvelle technologie autochtone. Ce nom de ´Manicª prend une telle charge symbolique que non seulement un chansonnier en fait le titre d'un succès du palmarès et qu'un cinéaste en fait l'élément déclencheur d'une intrigue (La neige a fondu sur la Manicouagan d'Arthur Lamothe) après lui avoir consacré un documentaire (De Montréal à Manicouagan), mais une marque de cigarettes l'adopte pendant quelques années et on l'utilise pour nommer la première automobile produite localement 31. A mesure que les réalisations concrètes se découpent sur l'horizon réel et prennent place dans l'horizon symbolique se développe une nouvelle confiance en soi. Non seulement les Canadiens français cessent de douter d'eux-mêmes, mais ils veulent surpasser en créativité leurs cohabitants du continent nord-américain 32.

2. De Canadien français à Québécois : J'ai évoqué plus haut les revendications politiques ayant comme a priori que seul le gouvernement du Québec était à même de satisfaire toutes les ambitions des ´Canadiens françaisª. Très rapidement, un grand nombre de citoyens prennent conscience que le vocable ´Canadienª ne recoupe pas du tout le même ensemble quand il se traduit en ´Canadianª; que pour les ´Canadiansª, les ´French Canadiansª appartiennent à une race à part et plus ou moins inférieure. Au début de la décennie, l'affirmation d'une identité ´canadienne-françaiseª se fait généralement dans la fierté. Mais rapidement, les milieux intellectuels, surtout les radicaux, en font un symbole d'aliénation, de dépersonnalisation, de déculturation et de statut minoritaire et ils se mettent à se définir comme ´Québécoisª 33, terme jusque-là réservé pour désigner les habitants de la ville de Québec. Vers 1961, Claude Gauthier faisait plastronner son Grand six pieds à coups de ´Je suis de nationalité canadienne-françai-ai-ai-se...ª; cinq ans plus tard, il chantait encore plus fièrement sa ´nationalité québécoise-françai-ai-ai-seª! Et il n'y avait pas que les nationalistes partisans pour l'applaudir. Car s'afficher Québécois, c'était s'affirmer et surtout se voir soi-même comme majoritaire sur son territoire plutôt que minoritaire au Canada (et en Amérique du Nord), plus ou moins rapetissé dans le regard de l'autre 34.

3. Profanation et laïcité : Hasard historique, la Révolution tranquille se déroule parallèlement au grand Concile oecuménique de Rome (1962-1965) qui vise à un aggiornamento de l'Eglise catholique 35. Là aussi, on parle beaucoup de ´modernisationª, thème que diffuse à un large public la populaire émission télévisée dominicale ´L'heure du Concileª 36. Cela explique en partie la rapidité et la facilité avec lesquelles la décléricalisation et la ´profanationª se déroulent 37, l'aisance à se débarrasser des vieilles peurs 38. Le ´pouvoir cléricalª 39 s'écroule abruptement dès que celui de l'Etat s'affirme (´Là où l'Etat se développa, l'Eglise recula, tantôt en résistant, tantôt avec soulagementª) 40; les syndicats congédient leurs aumôniers. A l'intérieur de l'Eglise même, il se transforme. Beaucoup de prêtres, de religieux et de religieuses défroquent; d'autres cherchent à faire route avec le ´monde ordinaireª (les prêtres-ouvriers, les animateurs de pastorale). Les costumes religieux, à commencer par les soutanes, disparaissent de la rue. Malgré la ´modernisationª de la liturgie (adoption de la langue du peuple, nouveaux rituels, musiques rajeunies), le renouvellement de la catéchèse, les églises se vident progressivement. De tout cela émerge non seulement de nouveaux rapports avec l'autorité, mais une vision ´profaneª du monde dans laquelle les nouvelles élites ne reconnaissent plus aux clercs de rôles de définisseurs. Pour paraphraser une expression récente de Jacques Parizeau 41, ´la religion des uns cesse d'être la loi pour tousª. On n'assiste pas à des profanations au sens strict (là aussi, on reste bien ´tranquilleª), on range plutôt les symboles du sacré dans les musées, ou bien on les folklorise (les chandeliers sur les tables des salles à dîner...), ou on leur redonne une valeur utilitaire (les bancs d'église dans les chalets de campagne...). C'est tout l'imaginaire qui entre ´en profanationª, c'est-à-dire en processus de légitimation de ses valeurs et de sa cosmologie par la seule puissance de sa réflexion. Après avoir posé comme condition d'un dialogue avec les croyants la destruction du pouvoir clérical, Pierre Maheu croit sa réalisation possible, car

laïciser, c'est créer un domaine commun où s'affirme notre accord essentiel en tant qu'hommes égaux et libres. Il ne s'agit pas de créer une société neutre parce qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord sur les questions religieuses, il ne s'agit pas d'un accord minimum et faute de mieux; mais au contraire de créer une société civile qui pose les valeurs de la laïcité parce que, indépendamment de leurs options religieuses, les hommes se trouvent d'accord sur ce qui concerne leur vie civile; il s'agit d'un accord maximum, qui comprend même l'accord sur le droit de cité de plusieurs options 42.
Devant ce nouveau monde symbolique et cette invitation au dialogue, l'Eglise se tait de plus en plus 43.

Autre volet de la ´profanationª de la vision du monde, le caractère inéluctable des destins collectifs et la fatalité historique disparaissent. Plus personne ne veut croire qu'il est ´né pour un petit painª 44. De moins en moins de gens n'écoutent le ´Bienheureux les pauvresª de l'Evangile, à moins qu'il ne soit énoncé par le militant de la JEC ou le prêtre-ouvrier qui ajoute immédiatement: ´bienheureux parce qu'ils luttent pour ne plus rester pauvresª.

4. Une morale personnaliste : Les années 60 ne manquant pas de bouillons de culture pour toutes les expériences possibles, ce fut sans doute la contre-culture californienne, surtout le mouvement hippie, qui fournit la nouvelle morale. Mario Roy souligne ce fait dans une chronique de La Presse où il compare notre Révolution tranquille à la Révolution française, la première lui semblant plus significative que la seconde

car elle a porté la bataille de l'autonomie de l'individu sur un terrain nouveau: celui de la morale. (...) au cours de la seconde moitié du vingtième siècle, le citoyen, l'individu, s'est approprié le droit de circuler librement dans l'espace moral après avoir pris une autre Bastille. Et renversé les dictateurs de l'âme et de l'esprit 45.
Juste renversement de l'histoire, la nouvelle morale cogne le plus fort là où les tabous avaient été les plus contraignants : le domaine de la sexualité. La libre circulation dans l'espace moral emprunte des voies plus ludiques. Là surtout, on passe ´de la soumission au devoir au règne du plaisirª 46. La notion de péché disparaît rapidement pour laisser place à celle de responsabilité et ´le bonheur est la seule vertuª, chante Renée Claude. Virginité, chasteté et fidélité se cherchent de nouvelles connotations 47. Le pape Paul VI a beau interdire les moyens chimiques de contraception, les curés à la base refusent de transmettre le dictat et même chez les catholiques, la fameuse pilule connaît une utilisation généralisée. La situation des femmes, les relations hommes-femmes, le couple et la famille se voient transformés par ce nouveau contexte.

5. ´Egalité et indépendanceª 48 : Ces deux mots représentent les deux volets de la nouvelle condition revendiquée par les femmes. Le mot fEminisme est peu employé encore et il faut attendre la fin de la décennie pour qu'il regroupe un premier ensemble de revendications. Mais on lit beaucoup Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, des groupes de discussion et de pression (la Fédération des femmes du Québec, en 1965) 49 se forment. La prospérité économique aidant, plusieurs secteurs d'emplois commencent à s'ouvrir pour les femmes. Dans l'éducation, elles obtiennent le salaire égal pour le travail égal et travaillent à étendre cette situation dans tous les secteurs. Une première députée, Claire Kirkland-Casgrain, a été élue à Québec en 1961 et elle est bientôt nommée ministre. La pilule contraceptive rend possible le choix du moment pour les maternités, stabilisant ainsi la présence dans les milieux de travail et offrant plus de choix de carrière. De nouveaux rapports amoureux deviennent aussi possibles.

6. La nouvelle famille : La génération d'hommes et de femmes qui se marient entre 1945 et 1960 génère tellement d'enfants qu'on parle de baby boom 50. Celle qui suit ne se presse pas trop pour se marier, n'a plus aucune envie de fonder une grosse famille. Contraception aidant, elle retarde les naissances pour mieux assurer la carrière, souvent des deux membres du couple. Beaucoup ne passent même pas à l'église pour ´régulariserª leur union, ni même à la mairie où c'est maintenant possible. A l'exemple des hippies du Sud, certains tentent même la vie en communes, à la campagne, naturellement. L'homosexualité cesse d'être une tare et une nouvelle forme de couple s'affiche timidement. Ces nouveaux modèles sont légitimés par la fameuse loi omnibus de 1968, à Ottawa, mais Pierre Elliot-Trudeau, ministre de la justice, avait depuis longtemps proclamé que l'Etat n'avait pas à intervenir dans ce qui se passe dans les chambres à coucher d'adultes consentants.

7. Pluralisme et tolérance : Le premier ne peut exister sans la seconde; les deux ont surgi comme naturellement quand les clercs perdirent leur pouvoir et leur rôle de définisseurs de situations, quand les cadenas des sections ´à l'indexª dans les bibliothèques éclatèrent, quand toute voix qui voulait se faire entendre trouvait tribune appropriée, quand le ministère des Affaires culturelles tout neuf provoquait un jaillissement de nouvelles formes d'expression. ´Nous étions alors heureux, écrit Fernand Dumont, de clamer à tous les vents les bienfaits du pluralisme. Ce nous semblait tout simple que les individus et les groupes puissent proclamer au grand jour leurs idées religieuses, artistiques, sociales, politiques. Nous étions devenus, du moins nous aimions à nous le redire, tolérantsª 51. Cette période, écrit plus tard Jean-Marc Piotte, ´engendre des savoirs pluriels portés par des valeurs de vérité, de justice et de liberté (...) Les savoirs, dans leur complexité, multiplicité, pluralisme, balaient la vision religieuse, unitaire, traditionnaliste, passéiste du mondeª 52. Aucune unanimité n'est maintenant possible. Gérard Pelletier titre d'ailleurs un de ses articles de Cité libre ´Feu l'unanimitéª en octobre 1960. Tant dans les groupes dits de droite (Eglises, partis traditionnels) que dans ceux de gauche (les revues Parti pris et Liberté, le mouvement laique de langue française, les nouveaux partis politiques comme le rassemblement pour l'indEpendance nationale ou les factions de tendance socialiste), chacun continue de prétendre à la valeur primordiale de son credo, mais tous, de bon ou de mauvais gré, concèdent la cohabitation (pas tranquille, cependant). Quiconque rejette le fanatisme doit constater un déclin des absolus et la relativisation de toutes les croyances et doctrines. Il n'est donc plus question de chasse aux sorcières, pas plus contre les Témoins de Jéhovah ou les ´bérets blancª de Gilberte Côté-Mercier que contre les intellectuels qui fondent et refondent des partis socialistes ou communistes. Le mot même de censure devient honni; l'éditeur Jacques Hébert se fait un de ses plus vaillants attaquants 53; elle disparaît, ´tranquillementª comme le reste, au fil des ans. Dans le domaine du cinéma se font quelques luttes intéressantes à ce sujet. Ce pluralisme a comme première conséquence la fin d'une cohésion sociale qu'aucun grand principe ne permet dorénavant de fonder. Ni les paroisses, ni la famille, ni le petit patron d'entreprise ou le gérant de la grande, ni le député paternaliste qui exerce équitablement son patronage avec tout ses électeurs, ni le médecin de famille ne servent désormais de points de référence ou de rassembleurs. Dans les villes, la vie de quartier disparaît avec les démolitions occasionnées par le développement des industries, avec les regroupements anonymes dans les HLM ou, pour les mieux nantis, dans les banlieues. Ne demeure que la solidarité avec les copains du syndicat, mais elle n'entretient qu'une dimension de la vie et, sauf pour une minorité ou en dehors des temps de crise, ne s'étend guère au-delà des locaux de l'entreprise.


28. id p. 39.
29. Paris, Maspéro, 1967, 300 p. Jacques Berque y signe une éclatante préface. Les principaux collaborateurs en furent Michel Van Schendel, Pierre Maheu, Paul Chamberland et Jean-Marc Piotte. Vingt ans plus tard, le schème idéologique de la ´colonisationª, emprunté à des théoriciens et des situations s'appliquant à un ailleurs très différent et trop artificiellement plaqué sur les situations locales, apparaît quelque peu abusif, mais le cri du coeur proféré par ces jeunes intellectuels va justement au coeur du problème de l'identité nationale.
30. Cité par McRoberts et Posgate, p. 116.
31. Mal préparée à affronter la concurrence des grands fabricants de Détroit, la production de cette auto ne dépassa pas le stade des prototypes. On put quand même en voir des exemplaires sur les routes pendant plusieurs années.
32. ´André Laurendeau évoquait en ce temps-là "une sorte de confiance en soi, la naissance de sentiments que nous n'avions guère connus dans notre histoire... Nous sommes nombreux, disait-il, à croire que la création est devenue possible"ª, Fernand Dumont, dans Vigile du Québec, p. 176.
33. Voir à ce sujet le texte de Paul Chamberland, ´Mise au pointª reproduit en annexe dans Le cinéma canadien de Gilles Marsolais, p. 141-144.
34. ´De la damnation à la libertéª, de Paul Chamberland, dans Les Québécois , p.75-113.
35. Histoire du Québec contemporain, p. 589-597; Histoire du christianisme québécois, vol. 3, le XXe siècle, tome 2, de Jean Hamelin, Montréal, Boréal Express, 1984.
36. Après être passée par diverses appellations et bien des animateurs, cette émission survit encore sous le nom de ´Second regardª, toujours diffusée le dimanche après-midi à 17 heures.
37.. ´Au cours des cent dernières années, la religion a décliné... Au niveau institutionnel, il y a sécularisation, affaiblissement de l'autorité et du rôle de la religion dans la communauté. Au niveau culturel, il y a profanation, c'est-à-dire abandon d'une théodicée qui donnait un sens et une explication aux rapports de l'homme avec l'au-delà.ª (Daniel Bell, Les contradictions culturelles du capitalisme, cité dans 30 ans de Révolution tranquille, p. 23).
38. ´Ce ne sont pas quelques attaques de front contre l'Eglise qui me posent question, mais bien plutôt le pluralisme d'indifférence, qui fait que ceux qui ont quitté l'Eglise l'ont fait sans grande crise et sans grande passion. Alors qu'en France, par exemple, au XIXe siècle, cela se faisait dans la douleur et le déchirement. Quand on quitte l'Eglise comme on enlève sa chemise, sans que la peau soit écorchée, cela juge la foi qu'on avait avant.ª Fernand Dumont, ´Les grandes questions demeurent et le besoin d'idéal aussiª, Revue Notre-Dame, mars 1989, p. 20.
39. Pierre Maheu, dans Les Québécois, pp. 171-190.
40. Marc Lesage et Francine Tardif dans 30 ans de Révolution tranquille.
41. Lors de discussions avec des militants du groupe pro-vie durant la campagne électorale de 1989.
42. Les Québécois, p. 184.
43. Voir Fernand Dumont, ´Le silence de l'Eglise du Québecª, Relations, 344, décembre 1969, p. 342-345. Il faut noter ici que si la hiérarchie ecclésiale se tait, bien des curés à la base conservent un ascendant certain sur une partie des ´fidèlesª. D'autres élites traditionnelles catholiques et conservatrices prennent aussi le relai du pouvoir religieux dans des lieux très importants : médecins qui contrôlent les comités thérapeutiques de grands hopitaux, directeurs de commissions scolaires...
44. ´C'est dans l'enterrement en douce de l'expression ´être né pour un petit painª qu'il faut voir, peut-être, le vrai changement de la ´révolutionª dite tranquille ‹ plus que dans la réforme de l'éducation ou celle du pouvoir, qui restent à faireª, Jean Paré, Actualité, août 1989, p. 2.
45.. ´La prise de la Bastille: de l'électricité dans l'airª, La Presse, 8 juillet 1989.
46. Francine Tardif et Marc Lesage, titre d'une partie de 30 ans de Révolution tranquille.
47. ´Les jeunes Québécois encore à l'âge métaphysiqueª, de Jacques Lazure, Prospectives, vol. 6, no 1, février 1970, p. 31-45.
48. Titre de l'émission de la série 60-80, consacrée à l'évolution du féminisme. Il est repris du slogan politique de Daniel Johnson ´Egalité ou indépendanceª.
49. Histoire du Québec contemporain, p. 556-559.
50. C'est d'ailleurs pour tous ces enfants nouveaux qu'il faut multiplier les ressources scolaires à partir de 1960.
51. La Vigile du Québec, p. 190.
52. La Presse, 17 mai 1989. Piotte s'en prend surtout dans cet article au vide intellectuel de la fin des années 80, à l'antiintellectualisme des médias, au fait que ce sont surtout les gestionnaires et les hommes d'affaires qui définissent maintenant les situations à la place des professeurs d'université et des intellectuels critiques. Un mois plus tard (le 14 juin), il se fait houspiller par un autre professeur d'université, que l'on devine d'une génération plus jeune, qui rétorque que la situation est due en partie au fait que la génération de Piotte s'est donné le pouvoir sur les appareils de contrôle (partis et organisations, syndicats, postes de direction et de décision, associations, revues, congrès, etc.) et qu'elle s'est ´confortablement installée dans un système rigide de sécurités et de privilèges... (...) La Révolution tranquille travaille l'imaginaire de certains intellectuels depuis un quart de siècle : n'est-il pas temps qu'elle prenne enfin sa retraite?ª
53. ´La censure, ce vice impuniª, Le Devoir, 4 avril 1970.

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