L'Office national du film du Canada présente L'évasion des carrousels . Un film de Bernard Longpré. [Générique de fin] Conception, réalisation, montage : Bernard Longpré. Images : Michel Thomas d'Hoste. Musique : André Gagnon. Effets optiques : Alexander Simard. Montage du son : Karl Du Plessis. Mixage : Ron Alexander, Roger Lamoureux. Production : Office national du film du Canada. © Office national du film du Canada. MCMLXVIII.
Coût : 46 146 $
Titre de travail : Blue Bonnets
Copie : ONF, Cinémathèque municipale de Montréal
Analyse
Résumé : Las de tourner en rond sur un carrousel, les chevaux s'en échappent, deviennent de vrais chevaux galopant en liberté dans une vaste plaine. Mais bientôt, des jockeys les rattrappent et il doivent reprendre leur place et leur rôle mécanique.
Sujets et thèmes : Liberté, carrousel, chevaux.
Traitement : Dans ce film expérimental (avec un peu d'animation), on voit d'abord des chevaux de bois dans un carrousel; puis ils deviennent flous, s'animent pour sortir et deviennent des chevaux réels. Alors des jeux de couleurs en font des êtres presque stylisés et le tout devient poésie de mouvements et de couleurs. Longpré décrit ainsi son travail :
Le tournage s'est fait en 35 mm couleurs. J'ai expérimenté divers filtres, utilisé des négatifs couleurs dont on a tiré du négatif au contraste noir et blanc, et effectué deux passages dans la truca : l'un pour le fond, l'autre pour le sujet. Les couleurs ont été superposées et tout cela a exigé entre cinq et six mois de tests au préalable. (...) Le passage d'une couleur à l'autre a été obtenu par fondus successifs. (...) Mes principales influences picturales furent les tableaux de Degas, Matisse et Dufy. (2, p. 125)A ce travail pictural s'ajoute une musique orchestrale romantique, où domine le piano, composée par André Gagnon.
Contenu : Poème visuel avant tout, l'intérêt de L'évasion des carrousels tient dans son esthétique. On le regarde et l'admire comme on le fait devant des belles toiles impressionnistes. Symboliquement, on peut voir aussi dans l'évasion des chevaux le désir fondamental de liberté, tant dans l'exploration des formes que dans les fantasmes, qui ne se réalise toujours qu'en de brefs moments. En ce sens, ce petit film renvoie à la libération de l'imaginaire provoquée et encouragée par la Révolution tranquille. Il ne touche cependant qu'un micro-milieu d'avant-garde bien au fait de l'histoire de l'art et attentif à l'évolution du cinéma comme forme d'art plus ou moins abstraite.
Bibliographie
1. HOULE, Michel et Alain JULIEN, Dictionnaire du cinéma québécois, 1978, p. 175.
2. LEROUX, André, ´Bernard Longpréª, entretien, Séquences, numéro 91, janvier 1978, numéro spécial : L'animation de l'Office national du film, p. 120-129.