Les éperlans . Images : Paul Vézina. Musique et paroles : Claude Léveillée. [Générique de fin] Montage : Dorothée Brisson. Direction: Michel Vergnes. Les éperlans. Une production de l'Office du film du Québec. MCMLXIV.
Note : N'apparaît pas au générique : Narrateur: Claude Léveillée
Tournage : En octobre 1963, à Québec
Coût : 5 638 $
Titre de travail: Les éperlans
Copie : Archives nationales du Québec
Analyse
Résumé : Pendant le mois d'octobre à Québec, on pêche l'éperlan dans le vieux port, de l'Anse-au-Foulon jusqu'au Bassin Louise. Des dizaines d'amateurs y passent des heures le jour et attirent même le petit poisson avec des fanals le soir. Ils ont leur festival pour comparer les meilleures prises et surtout pour les déguster. La caméra se permet aussi un petit tour dans les vieilles rues adjacentes.
Sujets et thèmes : Pêche, éperlans, vieux Québec, festival, port, marins, fleuve Saint-Laurent.
Traitement : On a ici un film de cameraman avant tout, en partie à la manière de Brault filmant Les raquetteurs , à d'autres moments se laissant aller à une belle recherche photographique formelle. En une grande variété de plans, on découvre de magnifiques photos de pêcheurs, de cannes à pêche en ligne, du fleuve avec toute son activité, des petits poissons dans les paniers, de doigts accrochant les vers aux hameçons, etc. Le montage les juxtapose tout en douceur, accordées au rythme nostalgique de la musique de Claude Léveillée sur son piano, musique et chanson s'ajoutant aux sons ambiants.
Contenu : Ce petit film est à signaler surtout parce qu'il est un des premiers et un des rares films de l'Office du film du Québec qui n'ait pas un but utilitaire exclusif et qui tient du film d'auteur. Vézina a pu filmer ce qui lui plaisait, selon son tempéramment d'artiste. Rarement a-t-il fait d'aussi belles images, même si ce ´festival de l'éperlanª n'offrait guère d'intérêt en soi. La préoccupation formelle domine ici. Elle donne de belles photos et le film atteint la véritable poésie à certains moments. Mais elle marque aussi les limites de l'oeuvre. Car on aimerait bien en savoir davantage sur tous ceux qui se donnent rendez-vous sur les quais, sur ces Québécois qui semblent si joyeux. La promenade dans les rues avoisinantes ne semble pas intéresser autant le ´photographeª, l'activité du port non plus. Avec la musique de Léveillée et le montage, il s'en dégage surtout une crainte nostalgique que tout cela en vienne à disparaître. Beaucoup de films montrent le Québec des touristes (celui du carnaval et de la terrasse Dufferin surtout). Les éperlans montrent un aspect de celui des ´autochtonesª de la ville, une de leurs célébrations ´entre euxª. En ce sens, il ajoute une belle page à l'´albumª rassemblé par le cinéma de la Révolution tranquille. Mais il ne renvoie pas au dynamisme culturel et social que l'ensemble du Québec connaît ces années-là.