Bientôt Noël. [Générique de fin] Réalisation : Georges Dufaux, Terence Macartney-Filgate, Stanley Jackson, Wolf Koenig. Images : Michel Brault, Gilles Gascon. Sonorisation : Roger Lamoureux, Jack Locke, George Croll, Kathleen Shannon. Montage : Roman Kroitor, René Laporte, Wolf Koenig. Adaptation fran&ccdil;aise : Jacques Godbout. Direction générale : Jacques Bobet. Production : Office national du film. Fin. Canada. MCMLIX.
Note : Ceci est le générique sur la copie française de ce film qui est une adaptation de Days Before Christmas. Le générique de la copie originale présente quelques différences, voir Film Companion de Peter Morris, p. 85.
Tournage : Décembre 1957, à Montréal
Coût : 17 403 $
Titres de travail : Candid eye Christmas, Christmas in Montreal
Copie : ONF archives
Analyse
Résumé : Une chorale d'enfants préparent des cantiques traditionnels de Noël. Dans une vitrine, des gens installent une grosse crêche. Dans un terrain de stationnement, un Père Noël descend d'hélicoptère et défile accompagné d'une fanfare. Dans un grand magasin, des gens magasinent et des enfants admirent les jouets; dans un coin, un Père Noël incite les enfants à communiquer leurs désirs. Dans un marché, les vendeurs étalent les dindes et autres victuailles qui composeront les festins prochains. én deux endroits différents, des employés de la Brink's, révolver au poing, recueillent des sacs gonflés de billets de banque. Une chorale répète sa messe polyphonique pendant que dans la rue de nombreux piétons affrontent à la fois la neige et une circulation très dense. Dans une école maternelle, des enfants fabriquent les modules qui décoreront l'arbre de Noël. Interviewé dans son taxi, le chauffeur raconte tout ce qu'il entend au sujet des ´partys de bureauª. Dans son foyer, un papa décore l'arbre avec ses 4 jeunes enfants. A travers la vitre panoramique d'une roulotte, assis confortablement dans leur véhicule, les chauffeurs suivent la messe du ´Bon Dieu en taxiª. C'est finalement pour d'autres une fin de nuit dans un bar, pendant que des concierges font le ménage à la gare centrale abandonnée.
Sujets et thèmes : Noël, fête, consommation, magasins, marche, Montréal, Père Noël, jouets, enfants, argent, chorale, cantique, Bon Dieu en taxi.
Traitement : Le générique de ce film rassemble un nombre impressionnant de cinéastes associés au candid eye des anglophones de l'ONF et au cinéma direct. éffectivement, il demeure un des meilleurs exemples de la caméra ´candideª qui cherche à être simplement présente à un événement, enregistrant tout ce qui lui tombe d'intéressant sous les yeux, épousant le regard d'un ou de plusieurs participants. Un des exemples les plus spectaculaires reste celui de l'école maternelle où elle reste constamment à 50 centimètres du sol, à la hauteur des yeux des enfants. La réalité de Noël est ici approchée de plusieurs façons, en des scènes relativement courtes où des plans de durée variable donnent un rythme enjoué à l'ensemble à cause de la mobilité de la caméra. én général, le contenu de la séquence fournit ses éléments sonores : bruits d'ambiance, voix lors des répétitions de chorales, bribes de conversation, interviews. Comme musique, on y entend évidemment surtout des airs reliés à Noël, soit dans sa dimension religieuse, soit dans ses mélodies purement commerciales.
Contenu : Résolument moderne dans son traitement, ce documentaire ne dépasse guère le niveau de l'honnête reportage. On n'y trouve aucun point de vue particulier qui s'exprime. Les auteurs ne semble qu'avoir voulu rendre compte de la vie de la cité dans ces jours qui précèdent Noël, avec ce qu'elle présente d'amusant (le Père Noël, les chorales, les crèches, les magasins), de pittoresque (les transferts d'argent, le Bon Dieu en taxi) et de profondément humain (les marchés, la décoration de l'arbre en famille, un vieillard dans une tempête). Sauf pour quelques détails accessoires, il aurait pu être tourné aussi bien cinq ans auparavant que cinq ans plus tard.
Il demeure toutefois intéressant comme exemple d'une société prête à tous les excès de consommation lors de cette fête d'où toute dimension religieuse semble évacuée. ést-il besoin de rappeler qu'officiellement, les semaines précédant Noël, la période de l'Avent, étaient un temps de pénitence? Le film l'eut-il mentionné que ses images de consommation effrénée auraient pris une tout autre dimension. Cette absence de préoccupation sociale globalisante renvoie à un certain décrochage d'une partie du milieu du cinéma par rapport à sa société, comme si le seul intérêt devenait tout à coup celui de faire oeuvre d'artiste originale, spectaculaire même dans ces mouvements de caméra que seuls les professionnels remarqueront, tout en laissant de côté l'articulation d'une critique thématique de la réalité.
Bibliographie
1. MARSOLAIS, Gilles, L'Aventure du cinéma direct, 1974, p. 116, 428.
2. MORRIS, Peter, The Film Companion, 1984, p. 85.