La Beauté même. [Générique de fin] Conçu et réalisé par Monique Fortier. Avec la collaboration d'Arthur Lamothe et Guy Borremans. Images : Guy Borremans. Montage : Monique Fortier. Musique : François Morel. Texte : Andrée Thibault. Mixage : George Croll. Production : Office national du film. Canada. MCMLXIV.
Note : N'apparaît pas au générique : Avec : Monique Miller. Narratrice : Dyne Mousso.
Tournage : Du 4 au 20 septembre 1963, à Montréal, Atlantic City et North Hatley
Coût : 23 954 $
Titre de travail : Beauté de la femme
Copie : ONF
Analyse
Résumé : Une jeune et jolie femme est donnée à voir dans diverses situations stylisées : devant des miroirs, dans des ruines, au milieu de pierres, etc. Ces images alternent avec d'autres de la nature et de la mer, de concours de beauté, de femmes au travail.
Sujets et thèmes : Beauté, amour, Marylin Monroe, Atlantic City, concours de beauté, miroirs, regard.
Traitement : Ce film expérimental utilise une comédienne dans des poses stylisées pour mettre en valeur sa beauté. Diverses autres images de femmes sont regroupées par association libre sur ce thème. Une narratrice lit un texte qui les commente et pose les questions fondamentales sur ce sujet. Une musique concrète, s'apparentant souvent au jazz, contribue à l'atmosphère insolite de l'ensemble.
Contenu : Pierre Véronneau a fait une longue étude de ce film (5, p. 68-77). Il en fait ressortir surtout la valeur d'expérimentation d'une écriture cinématographique différente et qui jetterait peut-être les bases d'un langage ´fémininª à l'écran. Selon lui, il serait aussi, avec La fin des étés d'Anne Claire Poirier réalisé la même année, un des tout premiers regards de femme sur les femmes. Cette expérimentation n'apporte rien de bien probant au sujet d'une ´écriture féminineª. Son esthétisme peut même paraître agaçant. Ce qui se dégage du texte reste toutefois très intéressant et d'une originalité certaine. Il se demande en effet ce qui fait la beauté, surtout en dehors du regard de l'homme, car jusqu'à maintenant, ce sont surtout eux qui en ont défini les critères. Pour ce regard féminin, la beauté ne se retrouve pas dans les concours de beauté qui ne la définissent qu'en ´pièces détachéesª (hanches, seins, etc.) et pas seulement non plus dans la jeunesse. Elle doit être apprivoisée (dramatique Marylin Monroe qui n'a pas su le faire...) et c'est ´par l'amour de toi, par l'amour de moi que la beauté, doucement m'est venueª. La beauté est un début de liberté et il faut en courir tous les risques.
Véronneau fait aussi, justement, un lien entre La beauté même et Les filles du Roy d'Anne Claire Poirier réalisé dix ans plus tard. Le film de Fortier, en effet, a contribué à jeter les bases de cette réflexion qui a culminé avec le programme En tant que femmes. Ce n'est pas un moindre mérite, même s'il ne pose pas son sujet dans les perspectives féministes qui déjà commencent à se répandre.
Bibliographie:
1. _________ ´Bandes à partª, Objectif, 32, avril-mai 1965, p. 38.
2. _________ Cahier de presse, Festival international du film de Montréal, 1965, p. 184.
3. VERONNEAU, Pierre, La production canadienne-française à l'Office national du film du Canada de 1939 à 1964, thèse de 3e cycle, Université du Québec à Montréal, 1986, p. 431-437.
4. LA ROCHELLE, Réal, dans COULOMBE, Michel et Marcel JEAN, Dictionnaire du cinéma québécois, 1988, p. 175.
5. VERONNEAU, Pierre, dans LAROUCHE, Michel, sous la direction de, ´La beauté même de Monique Fortier (1964) ou l'imaginaire féminin entravéª, Le cinéma aujourd'hui, 1988, p. 68-77.