Le beau plaisir

35 mm, couleurs, 14 minutes 52 secondes, 1968

L'Office national du film présente Le Beau plaisir. Un film de Pierre Perrault, Bernard Gosselin, Michel Brault. Son : Claude Pelletier, Serge Beauchemin, Jacques Jarry. Assistants à la caméra : Alain Dostie, Gilles Blais. Animation : Clorinda Warny, Co Hoedeman. Mixage : Jean-Pierre Joutel, Michel Descombes. Musique : 3 violons : Aimé Gagnon, Raymond Gagnon, Jean-Baptiste Gagnon. Chanson interprétée par Florent Lemay. Production : Jacques Bobet, Guy L. Coté. Office national du film du Canada. © Office national du film du Canada. MCMLXVIII.

Tournage : En mai 1965, à l'île aux Coudres
Coît : 40 603 $
Titres de travail : Les Marsouins, Le chemin qui marche
Copie : ONF (aussi en vidéo)

Analyse

Résumé : Des gens de l'île aux Coudres expliquent la technique traditionnelle de la pêche aux marsouins, plantent leurs harts et font une prise. On voit finalement le grand marsouin dans un aquarium en compagnie de deux de ses semblables.

Sujets et thèmes : Pêche aux marsouins, île aux Coudres, Alexis Tremblay, Louis Harvey, fleuve Saint-Laurent, tradition, folklore, musique, chanson, aquarium, baleine blanche.

Traitement : Des images documentaires dans le plus pur style du direct font voir les gens de l'île planter les harts pour dresser le ´coeurª de la pêche, y attirer un marsouin et s'en emparer. Comme l'étendue en est trop considérable pour l'embrasser d'un seul coup, des dessins d'animation l'illustrent tout en montrant comment le marsouin vient s'y prendre. Alexis Tremblay et Louis Harvey, les deux grands conteurs de l'île racontent ce que les dessins montrent et disent en interview ce que la pêche représente pour eux. Un air de violon salue la prise et une chanson de folklore (V'la l'bon vent) accompagne les évolutions du marsouin dans un aquarium, alors que les images sont prises par une caméra sous-marine.

Contenu : Ce court film n'a d'intérêt que pour son explication de la technique traditionnelle de la pêche aux marsouins à l'aide des harts plantés, ce qui n'avait pas été expliqué dans Pour la suite du monde et qui posait bien des questions. C'est pourquoi il faut le voir avec le long métrage. Alexis Tremblay peut bien affirmer que cette tradition de la pêche devrait être conservée, on en voit immédiatement le caractère folklorique et anachronique.

´Le beau plaisirª, se plait à répéter Louis Harvey en parlant des sensations que lui procurait jadis cette pêche. On ne le sent pas beaucoup dans ce que font les gens de 50 ans d'aujourd'hui, d'autant plus qu'il vendent le gros poisson à un aquarium au lieu de le harponner et d'en tirer divers produits de subsistance. Mais Bernard Gosselin se plaît à appliquer l'expression à son métier de cinéaste (dans Cinéma cinéma, l'anthologie d'extraits de films et d'interviews réalisée par Gilles Carle pour les 25 ans de l'équipe française de l'ONF). Effectivement, on sent réellement que Perrault, Brault et Gosselin éprouvent un ´beau plaisirª à filmer les gens de l'île aux Coudres, surtout Alexis Tremblay et Louis Harvey, à qui les longs métrages de Perrault donnent beaucoup la parole.

Le beau plaisir ne renvoie au cinéma de la Révolution tranquille que par son traitement moderne. Si amusants les Tremblay et Harvey soient-ils, son contenu exprime plutôt une nostalgie d'un passé révolu qui ne peut être partagée que par quelques folkloristes passionnés.