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De la nation canadienne française aux minorités linguistiques canadiennes Texte de la communication (évoquée dans Le Devoir et La Presse) à Edmonton sur les "Canadiens-français" hors Québec" Jocelyne Couture Département de philosophie, UQAM |
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I La présence française sur le territoire canadien remonte à 1605 et pourtant ce nest que vers le milieu du XIX siècle -- plus précisément à la suite de léchec de la rébellion de 1837-38 en Bas Canada -- quapparaît ce que Fernand Dumont a appelé « la référence canadienne française ». Lapparition de la référence canadienne française nest cependant pas un phénomène de génération spontanée. Avant que naisse une conscience nationale, il a bien fallu quexiste dabord la conscience dune identité propre aux descendants des français établis en Amérique. Après tout, les communautés dorigine française en Amérique ont survécu aux conquêtes de lAcadie (1713) et du Canada (1760) par les Anglais, de même quà létablissement des colons loyalistes dans les Maritimes et en Ontario et ceci, sans être portées par le sentiment dappartenance commune à un peuple ou à une nation. Ce nest quà la faveur dune histoire commune , surtout faite dadversité, que de lidentité originaire des descendants français, a pu finalement émerger cette référence canadienne française dont parle Dumont; référence culturelle, religieuse et linguistique, transcendant les frontières politiques et incluant, pour un temps, tous les francophones dAmérique du Nord. Vers le milieu du 20e siècle on constate que la référence canadienne-française commence à seffriter. Elle ne résiste pas, en effet, à lintégration des Canadiens français dans des dynamiques étrangères -- et même réfractaires -- à lidée dune nation pan-canadienne. Les analyses de ce phénomène divergent mais lun des facteurs souvent mentionné est la montée, dans les années 60 de lEtat-providence. lÉtat est alors davantage présent dans la vie des citoyens, et les institutions étatiques et laïques remplacent, ou se superposent aux institutions religieuses du Canada-français, jusque là en grande partie responsables des écoles, des hôpitaux et des universités. Dans le système canadien, le rôle accru de lÉtat se traduit par un décentrement vers les provinces. Lidée dune nation française pan-canadienne commence ainsi à céder le pas devant la réalité de communautés (au pluriel) canadiennes-françaises disséminées à travers le Canada. A cette époque, on aurait encore pu parler dune nation canadienne-française en diaspora. La loi constitutionnelle de 1982 mettra définitivement un terme à cette représentation collective. Tout en reconnaissant le français comme lune de langues officielles, la Constitution de 1982, dans la foulée du multiculturalisme et de la priorité accordée aux droits individuels, tendait à faire, des communautés canadiennes-françaises au sein des provinces anglaises, de simples minorités culturelles. De plus, en proclamant légalité des provinces, la loi constitutionnelle reléguait au rang de minorité nationale le plus important vestige de la nation canadienne-française, cest-à-dire la population, majoritairement francophone, du Québec. Dans la foulée de ces changements sociaux, politiques et juridiques se sont fait entendre de nouvelles affirmations identitaires qui allaient confirmer la désuétude de la référence « canadienne française ». Dès les années 60 saffirmait un nationalisme spécifiquement québécois. Les communautés francophones des provinces anglaises, qui se sont dabord définies par la négative, en tant que francophones hors Québec, sont tour à tour devenues les Franco-Ontarien, les Franceskois, les Franco-Manitobains. Un phénomène similaire sobserve dailleurs pour les Acadiens, qui tiennent à leur référence provinciale. On peut penser, comme la écrit le sociologue Joseph Yvon Thériault que « Plus quune nouvelle identité, ces vocables témoignent, en regard de lancienne identité canadienne-française, de modalités dintégration sociétales différentes » . Je pense pour ma part, quil ne faut pas se leurrer. Il faut, pour commencer, faire une distinction entre la conscience nationale des canadiens français, et lidentité des français dAmérique. La référence à une nation pan canadienne dorigine française a été vidée de son contenu, et sans doute à tout jamais, par les « modalités dintégration sociétales » dans lesquelles jinclus les modalités sociales, politiques et juridiques dont je viens de parler. Lidentité des français dAmérique, pour sa part, senracine plus profondément dans la culture, dans la langue et dans la volonté daffirmer cette identité. Seule cette identité, qui était antérieure à la référence canadienne française, résiste encore à la « diversité des vocables »; pour le reste, les vocables disent bien ce qu'ils signifient, à savoir, quil existe maintenant au Canada une diversité de minorités francophones. Je voudrais maintenant parler des modalités dintégration sociétales de lidentité des français dAmérique. II Lidée dune nation canadienne-française présupposait, plutôt quelle ne laffirmait, la possibilité pour les français dAmérique, de vivre dans leur langue et de la transmettre à leurs descendants. Pour toutes les communautés francophones en Amérique du Nord, ce qui nétait pour les anciens canadiens quun simple présupposé, sest transformé en une lutte de tous les instants. Sur ce terrain, les modalités dintégration sociétales des francophones porte un nom bien précis; et ce nom cest « assimilation ». Se basant sur les données de Statistiques Canada, le démographe Charles Castonguay, de lUniversité dOttawa , rapporte que de 1971 à 1996, cest-à-dire sur une période de 25 ans, la population utilisant le français au foyer en Ontario, a diminuée de 13%. Le recul atteint 21% en Alberta , 24% en Nouvelle Écosse, 31% dans lIle-du-Prince-Edouard, 42% au Manitoba, 56% à Terre-Neuve et 63% en Saskatchewan ». Lorsque les diminution atteignent un seuil de 20%, les experts parlent de « disparition tendancielle » . On est donc en droit de parler de disparition tendancielle pour les six communautés francophones de Terre-Neuve, de lIle du Prince Edouard, de la Nouvelle Écosse, du Manitoba, de la Saskatchewan et de lAlberta. Ces chiffres sont en partie attribuables à un phénomène de dénatalité. Mais la dénatalité nexplique pas tout. La proportion de personnes déclarant avoir le français comme langue maternelle mais parlant langlais à la maison, montre à lévidence que le principal facteur du recul du français est langlicisation, et en particulier, langlicisation des jeunes adultes francophones âgés de 25 à 34 ans. Le taux danglicisation des jeunes adultes a connu une croissance fulgurante entre 1971 et 1996. Il est présentement de 44% en Ontario; il est de 48% en Nouvelle-Écosse, de 50% à Terre-Neuve et à lIle-du-Prince-Edouard , de 64% au Manitoba, de 71 % en Alberta et de 74% en Saskatchewan,. En résumé, si lon considère le profil des populations francophones selon lâge, on constate que les jeunes adultes francophones ne se remplacent plus. On peut donc prévoir dici 20 ans un déclin accentué de la population francophone. A Terre-Neuve, par exemple, il ne reste plus que 65 enfants de 0 à 4 ans dans les foyers francophones et à lIle du Prince Edouard, il en reste 180. Compte tenu de la tendance à langlicisation des francophones, on peut sattendre à ce quune forte proportion des enfants de cet âge, là comme ailleurs, sanglicisent dici 20 ans et élèvent leurs propres enfants en anglais. Pendant ce temps, le nombre absolu danglophones dans ces provinces ne cesse daugmenter, réduisant dautant le poids démographique des francophones; la dénatalité frappe aussi les canadiens anglais, mais lassimilation des immigrants et des francophones, dans leur cas fait plus que combler le déficit des naissances. Les francophones, pour leur part, nassimilent ni les immigrants ni non plus les anglophones. Quen est-il des autres provinces? La Colombie-Britannique a vu sa minorité francophone saccroître de 5 007 individus sur une période de 25 ans. Par ailleurs, le taux danglicisation des jeunes adultes francophones est présentement de 90% en Colombie-Britannique. Au Nouveau-Brunswick, la minorité francophone est lune des plus considérables au Canada; elle comptait 32 % de la population en 1996. Elle est aussi la seule à avoir réussi à abaisser le taux danglicisation des jeunes adultes, qui est passé de 11% en 1971 à 9% en 1996. Les progrès significatifs des institutions francophones et du statut du français dans cette province depuis les années 60 y sont sûrement pour quelque choses. Pourtant, note Castonguay, la population francophone du Nouveau-Brunswick a décru entre 1991 et 1996 et, même « à 9% le taux dassimilation des 25-34 contribue de manière non-négligeable à réduire la relève démographique de langue française » Au Québec, le nombre de personne faisant usage du français a légèrement augmenté entre 1971 et 1991 et il a très légèrement diminué entre 1991 et 1996 alors quil sétablissait à 82.8 %. Pendant ce temps, le nombre de personnes faisant usage de langlais a diminué de 14% entre 1971 et 1991; cette diminution est attribuable aux quelque 400 000 départs danglophones entre 1966 et 1986. Or, malgré ces départs, et le déficit générationnel qui aurait du sensuivre, le nombre de personnes faisant usage de langlais au Québec est resté à peu près stable entre 1991 et 1996. Ce que traduit cette situation, ce nest pas langlicisation des francophones, comme en témoignent les données, ni la fécondité accrue des anglophones de langue maternelle; c'est la force dattraction de langlais pour les nouveaux immigrants. Or la grande majorité des immigrants (80%) qui arrivent au Québec choisissent de sétablir à Montréal. Dans une étude récente, le démolinguiste Marc Termote a montré que la population francophone de lîle de Montréal a décru de 2% entre 1991 et 1996 pour sétablir alors à 55.6%. Selon ses prévisions et celles de plusieurs analystes, les francophones seront minoritaires sur lîle de Montréal dici vingt ans. Ceci est lourd de conséquences pour le reste du Québec. Lîle de Montréal est au coeur de la seule grande région métropolitaine du Québec, elle compte plus du quart de la population québécoise et son pouvoir dattraction sur les régions continue dêtre considérable. Tous les experts sentendent pour dire que seule la loi 101 a pu renverser entre les années 1971 et 1981 la tendance alors décroissante du français. Et malgré les lois sur la langue de la scolarisation, nous constatons aujourdhui, quencore seulement 40% des immigrants ont le français comme langue dusage. Si le français cesse dêtre une langue utile dans lespace public -- comme cela se produira lorsque les francophones seront minoritaires à Montréal, alors il perdra sa force dattraction et ce nest pas lattachement des francophones pour leur langue qui pourra y changer quelque chose. III Que la nation canadienne-française nait pas survécu à des « modalités dintégration sociétales » est une chose. Une toute autre chose est que la population francophone samenuise à vue doeil.. Le discours rassurant qui émane des gouvernements canadiens qui se sont succédé à Ottawa depuis le début des années 60, ne fait que camoufler leur inertie dans ce dossier. Aucune mesure sérieuse na été prise pour contrer systématiquement le déclin des populations francophones. Pourtant, il nest pas difficile dimaginer quelles pourraient être ces mesure. La première serait le réalignement de la politique linguistique canadienne en fonction de celle que préconisent, par exemple, le Québec et la communauté acadienne du Nouveau Brunswick pour réduire le taux dassimilation; à savoir la gestion autonome, par les communautés francophones, de leurs propres institutions dans le domaine de léducation et, là où cela est possible, la francisation du milieu de travail. Une seconde mesure touche limmigration: la sélection des immigrants et leur préparation. Dans ce domaine, lapproche devrait être territoriale; ce sont les provinces qui, avec laide financière du gouvernement fédéral, devraient mettre sur pied des programmes dintégration des immigrants en fonction de la spécificité de leurs communautés francophones. Simuler léconomie dans les territoires où existent de fortes concentration de francophone serait aussi une mesure susceptible dassurer la stabilité de ces populations tout en encourageant limmigration. Par leur inertie, les gouvernements du pays et des provinces portent une lourde responsabilité dans le déclin des populations francophones. Mais linertie nest pas seule en cause. Il y a aussi lobstruction. Comme on la vu récemment, cest devant les tribunaux que les francophones obtiennent finalement, lorsquil lobtienne, ce qui devraient leur être garanti. IV Plusieurs québécois ont fait un choix qui, dans ce contexte, peut sembler cruel à légard des communautés francophones des provinces anglaises. Ce choix, c'est celui de se donner un pays distinct. Plusieurs francophones hors du Québec semblent penser que laccession du Québec à la souveraineté entravera dune façon irrémédiable leurs efforts pour maintenir la vigueur de leurs communautés. Cette inquiétude peut être interprétée de plusieurs façons mais je pense quelle exprime surtout la crainte que le Canada, sans le Québec, abandonner les communautés francophones à leur propre sort. Je serais tentée de dire que cest déjà fait. Mais je ne crois pas que le Canada irait plus loin dans cet abandon. Je ne crois pas, en particulier, que dans le présent contexte international, le Canada pourrait se risquer à retirer à ses communautés francophones les garanties constitutionnelles dont elles jouissent maintenant. Au contraire, il ne me semble pas déraisonnable de penser que le Canada sans le Québec, pourrait en fait se révéler plus soucieux quil ne lest maintenant de respecter ces garanties constitutionnelles, et même de les accroître, pour mieux affirmer sa dualité linguistique et asseoir ainsi sa spécificité sur le continent nord-américain. Mais il y a d'autres raisons de croire que tous les francophones qui vivent présentement au Canada pourraient bénéficier de la souveraineté du Québec. Lorsquon parle dun Québec souverain, on parle dun nouveau pays, souverain et francophone, en Amérique du Nord. Un pays souverain est un pays où on a les moyens politiques de répondre aux intérêts des citoyens et de faire valoir ces intérêts à léchelle internationale. Parmi ces intérêts, il y a le désir de préserver une culture et une langue donnée. La langue publique dun Québec souverain sera le français et sa culture publique ne cessera pas dentretenir des liens étroits avec celle des descendants français qui vivent en Amérique du Nord. Dire ceci nest pas nier quil existe maintenant des différences considérables entres les communautés nord-américaines dascendance française; cest tout simplement reconnaître quil y a, en Amérique du Nord, de multiples communautés qui partagent une identité française et qui sont désireuses, comme le sont les québécois, daffirmer cette identité. Je pense que la souveraineté du Québec entraînerait une reconnaissance plus profonde de cette réalité nord-américaine en linscrivant dans lespace politique nord-américain. Dans cette mesure, je crois que la souveraineté du Québec ne peut quêtre profitable à tous les francophones dAmérique du Nord et donc, du Canada. Dans cette mesure aussi, je pense que lexistence dun Québec souverain modifierait dune façon considérable la dynamique provinciale dans laquelle les communautés francophones canadiennes sont maintenant enfermées. Non pas parce que le Québec sarrogerait le pouvoir dintervenir dans les affaires intra provinciales ou interprovinciales du Canada, mais parce quen tant quÉtat indépendant, il aurait les moyens -- et aussi la volonté -- de cultiver les bases dune nouvelle solidarité entre les francophones vivant sur ce continent. Il ne sagirait pas de ressusciter la conscience nationale canadienne-française; ces temps sont révolus. Mais il nest pas trop tard pour réveiller chez les francophones nord-américains, la conscience collective de leur identité commune; dune identité qui transcende les situations particulières des diverses communautés francophones, mais qui forme néanmoins les assises à partir desquelles chacune conçoit son avenir et ses projets. En se montrant solidaire de ces projets, en les appuyant et en les défendant au besoin, un Québec souverain pourrait contribuer à lavènement de cette conscience collective et, ainsi, jouer un rôle important dans le rapprochement des communautés francophones. Dans l'état actuel des choses, lidentité commune des francophones ne possède pas les moyens de se concevoir collectivement et encore moins, comme nous lavons vu, les moyens de saffirmer concrètement. Jai parlé des appuis quun Québec souverain serait en mesure de manifester à lendroit des communautés francophones nord-américaines. Ces appuis pourraient prendre des formes diverses. Il pourrait sagir, par exemple au plan international, de propositions concrètes concernant la protection et la promotion en Amérique du Nord, de la langue française dans les médias et les communications. Ces appuis pourraient aussi prendre la forme dun soutien financier ou logistique à certains projets particuliers entretenus par les communautés francophones, ou de la mise sur pied de programmes déchanges dans divers domaines ou de la participation à des événements culturels. Si ces appuis semblent bien modestes, il ne faudrait cependant pas sous-estimer leurs effets relativement aux problèmes, dont j'ai parlé plutôt, et qui affectent maintenant toutes les communautés francophones au Canada. Lun des ces problèmes concerne la force dattraction quexercent, sur leurs propres membres, les communautés francophones, et en particulier les plus petites dentre elles. Un rapprochement des communautés francophones pourrait pallier à une partie de ce problème; premièrement parce quil contribuerait, par des collaboration aussi simples que celles que je viens dévoquer, à diversifier et à enrichir la vie communautaire et, par conséquent à la rendre plus attrayante pour leurs propres membres -- et spécialement pour les jeunes. Deuxièmement, je pense quun tel rapprochement pourrait avoir un impact considérable sur la formation de lidentité des jeunes francophones et sur lapparition dune conscience collective qui lune et lautre sont des source de lattachement quils peuvent témoigner à leur communauté particulière. Que lon songe simplement aux retombées que pourrait avoir, par exemple, un programme déchange qui permettraient à des élèves du primaire ou du secondaire détudier, de faire du sport ou de jouer de la musique dans des milieux francophones autres que le leur. Mais comme je lai dit plus tôt, lattachement des francophones pour leur langue et leur culture ne suffit pas. Il faut aussi que le français ait une utilité dans lespace public; que lon puisse étudier, travailler et vivre en français. Si les communautés francophones réussissaient à retenir leurs membres, il y aurait déjà un grand pas de fait dans cette direction. Mais si elles réussissaient à augmenter leur population un autre pas significatif serait fait; car, comme le montrent les chiffres que j'ai mentionnés tout à lheure, la capacité des communautés francophones de stopper langlicisation des jeunes, de contrôler leurs institutions et dobtenir la francisation des milieux de travail, est proportionnelle à la taille de ces communautés. Comme je lai aussi souligné plus tôt, lintégration dimmigrants francophones pourrait être une solution à ce problème. Or ici encore, je pense que lexistence dun État souverain et francophone en Amérique du Nord de même que laffirmation concrète et solidaire dune présence française sur ce continent, pourraient avoir un impact décisif. Il ne me semble pas déraisonnable de penser que davantage dimmigrants francophones pourraient être tentés de venir vivre au Manitoba, en Alberta ou en Nouvelle Écosse, sils avaient lassurance que, soutenus par cette présence française solidaire et concrète, ils pourront continuer de vivre dans leur langue et la transmettre à leurs enfants. V Dans deux cents ans, le français aura peut-être complètement disparu en Amérique du Nord. Et ceci, même si le Québec accède à la souveraineté. Ceux qui nient la possibilité dune telle disparition ne nous rendent pas service. Mais ceux qui lévoquent comme une fatalité oublient que lhistoire ne sécrit pas toute seule. Jai voulu montrer ici que la menace qui pèse sur les francophones au Canada est bien réelle; elle nest ni mythe ni une illusion. Lidée que jai voulu défendre est que, devant cette menace, nous ne sommes pas sans moyens. Mais pour que ces moyens nous deviennent accessibles il faut à tout prix sextirper de ce processus de minorisation où lhistoire et les volontés de quelque uns nen finissent plus de diviser et daffaiblir les francophones. Les francophones doivent réaliser que, par delà leurs différences et même leurs divergences, ils défendent une cause commune et que cette cause commune requiert deux quils fassent front commun.
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