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Les Intellectuels pour la Souveraineté
appuient le projet de loi 99 du Gouvernement du Québec
Jocelyne Couture 23.12.99 |
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Le projet de loi du gouvernement fédéral voulant
encadrer l'exercice d'un prochain référendum sur la
souveraineté au Québec est un déni du droit des
Québécoises et des Québécois à définir et à choisir
eux-mêmes leur avenir. C'est aussi une tentative de
mise en tutelle de l'Assemblée nationale en plus d'un
encouragement à tous ceux qui remettent en question
l'intégrité territoriale du Québec.
Tous les Québécois doivent réagir ensemble à ce geste d'Ottawa, qui semble manifester un relent de colonialisme politique. Tous les partis politiques québécois, qu'ils soient ou non représentés au sein de l'Assemblée nationale, doivent réaffirmer solennellement le droit du peuple québécois à l'autodétermination et agir de concert pour empêcher Ottawa de réduire les compétences de l'Assemblée nationale et de l'État du Québec. L'heure est grave et exige, comme en 1982 lors du rapatriement unilatéral de la Constitution, que tous les partis politiques rejettent unanimement la position d'Ottawa. Nous déplorons la déclaration étroitement partisane du chef de l'Opposition officielle qui tente de réduire à des manoeuvres pré-référendaires un projet de loi qui, au contraire, réaffirme nos droits comme peuple. Conscients du danger que représente pour nos droits politiques l'intrusion du « fédéralisme dominateur » que dénonçait déjà Robert Bourassa, nous exhortons les intellectuels fédéralistes à exercer des pressions sur Jean Charest pour qu'il donne son appui au gouvernement québécois, comme l'a fait Claude Ryan en 1982, en appuyant le gouvernement Lévesque dans son opposition au rapatriement unilatéral de la Constitution par le gouvernement Trudeau et son ministre de la Justice d'alors, Jean Chrétien. En cette veille du nouveau millénaire, le chef de l'Opposition joue avec le feu quand il refuse d'appuyer le gouvernement, alors qu'il est absolument nécessaire d'affirmer avec solennité les droits politiques du peuple québécois et les prérogatives de l'Assemblée nationale. Il ne doit pas oublier que, même pour proposer un changement du fédéralisme canadien, si un jour il a l'occasion de le faire, il devra lui aussi s'appuyer sur la souveraineté du peuple québécois et avoir son accord. Résister à l'intrusion d'Ottawa nécessite plus qu'une simple résolution, comme le propose Jean Charest. La Résolution Charest-Pelletier était inacceptable, autant pour les fédéralistes sincères que pour les souverainistes. Si cette résolution avait été adoptée par l'Assemblée nationale, elle aurait eu une grave conséquence. Nos représentants politiques auraient ainsi officiellement reconnu l'autorité de la Cour suprême quant au droit du peuple québécois à son autodétermination. Pourtant, Jean Charest et le Parti libéral du Québec ont toujours reconnu que ce droit n'était aucunement de nature juridique, mais politique. Que seul, via ses institutions démocratiques, le peuple du Québec pouvait décider de son avenir.
A l'instar des centrales syndicales, du mouvement
étudiant, des groupes communautaires et nationalistes,
les IPSO (Intellectuels pour la souveraineté) appellent
la population à la mobilisation générale pour appuyer
le projet de loi 99 du Gouvernement du Québec, lequel,
quand il sera voté et sanctionné, deviendra une
véritable charte des droits politiques collectifs du peuple québécois, des compétences de l'État du Québec et de celles de l'Assemblée nationale.
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