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Un débat à poursuivre

Compte rendu de la discussion sur l'avenir de l'Institut d'histoire de l'Amérique française tenue lors du dernier congrès de l'IHAF à Québec le vendredi, 16 octobre 1998

Cette rencontre s'inscrit dans un processus de réflexion sur le rôle et la place de l'IHAF dans la promotion de l'histoire. Depuis un certain temps, l'IHAF est de plus en plus appelé à intervenir dans le débat public pour défendre la place de l'histoire mais aussi la promouvoir. Ces dernières années, l'Institut a ainsi travaillé à la promotion de l'enseignement de l'histoire dans le curriculum scolaire et a été très active dans plusieurs débats majeurs: sur l'accessibilité des archives, l'accès à l'information, sur le code d'éthique. Bref, que ce soit par la rédaction de mémoires, l'assistance à des audiences publiques ou un travail de représentation auprès des pouvoirs politiques, l'IHAF effectue de plus en plus un travail
de défense de l'Histoire pour tous sur la place publique.

En même temps, les conditions de la pratique de l'histoire se transforment. De plus en plus, la vitalité et le renouvellement de la pratique historienne passent au Canada comme ailleurs par l'échange, au-delà des domaines de spécialisation ou des appartenances culturelles, idéologiques ou politiques. L'utilisation croissante des nouvelles technologies de l'information, et en particulier de l'internet, a accéléré ces tendances en facilitant et en multipliant grandement les possibilités d'échange. Il appert ainsi que l'ensemble des historiens et historiennes partage des problèmes communs de méthode et des soucis comparatifs qui ne peuvent qu'enrichir le savoir.

Ce contexte interpelle l'IHAF autant sur le plan organisationnel qu'intellectuel. Le mode de fonctionnement actuel de l'IHAF lui permet-il de jouer pleinement son rôle de défenseur de l'histoire au Québec? Comment l'Institut peut-il prendre en compte les nouvelles conditions de pratique des historiens dans un contexte d'échanges croissants?

C'est à partir de ce constat qu'a été mis sur pied un comité ad hoc appelé «Comité sur l'avenir de l'IHAF» qui a, par la suite, proposé une discussion aux membres de l'Institut à l'occasion du dernier congrès annuel. Les quelques lignes suivantes ont donc pour objectif de rendre compte des échanges lors de cet événement.

Cinq questions (reproduites à la suite de ce compte rendu) ont été proposées à la cinquantaine de membres présents autour de la possibilité d'ouvrir l'IHAF à l'histoire et aux historiens non-québécistes. Ont ainsi été discutées la possibilité que l'Institut mette sur pied une fédération regroupant les associations ou groupes d'historiens québécistes et non-québécistes; que l'Institut se serve de son site internet pour établir des liens avec les autres regroupements; qu'il intègre dans le Répertoire des historiens du Québec les professionnels de l'histoire qu'ils soient historiens de formation ou provenant d'autres disciplines, qu'ils travaillent dans le domaine de l'histoire du Québec, du Canada ou d'ailleurs.

Les aspects intellectuels ont aussi fait l'objet de discussion. Il a notamment été question de la possibilité d'organiser, lors des congrès annuels de l'IHAF, des sessions conjointes québécistes et non-québécistes sur des thèmes propices à la comparaison; de proposer à des groupes ou associations non québécistes au Québec de tenir leur réunion annuelle à l'occasion du colloque de l'IHAF; de tenir un colloque du millénaire en l'an 2000 qui prenne acte des nouvelles pratiques de l'IHAF.

La discussion a aussi porté sur l'idée de créer un réseau d'organismes à vocation historique et patrimoniale de façon à bénéficier d'appui lors de campagnes de défense de certains aspects de la profession. Structure légère, ce réseau aurait d'abord et avant tout une existence virtuelle sur le site internet de l'IHAF.

Bref, il s'agissait d'évaluer l'opinion des membres sur (1) le projet de construire une coalition plus large autour de la pratique de l'histoire qui regroupe l'ensemble de tous les historiens et non seulement ceux qui travaillent sur l'Amérique française, de même que les praticiens des autres disciplines intéressés à l'idée de s'associer à ce groupe; (2) d'ouvrir l'IHAF aussi sur le plan intellectuel en invitant les non-québécistes à participer aux congrès annuels, en favorisant les échanges intégrant des perspectives comparatives; (3) sur l'intérêt de susciter l'organisation d'un Réseau d'organismes à vocation historique ou patrimoniale.

De manière générale, les participants au débat étaient ouverts à l'idée d'organiser des activités ponctuelles qui tiennent compte du contexte précédemment décrit. Ainsi, le projet d'intégrer des séances comparatives dans le congrès, de manière occasionnelle, a reçu l'appui de plusieurs. Cependant, les participants étaient généralement réticents à l'idée d'adopter une telle perspective de manière systématique. De même, plusieurs ont reconnu la nécessité d'un regroupement des praticiens de l'histoire tout en étant opposés à l'idée d'effectuer des changements sur le plan structurel, car on souhaite que l'IHAF demeure dans sa forme actuelle ou on estime que les énergies sont insuffisantes et ne doivent donc pas être dispersées.

Cette discussion sur les perspectives d'avenir de l'IHAF a ainsi permis de prendre connaissance des opinions des membres présents au congrès et de dresser ce premier bilan. Nous souhaitons vivement poursuivre ce débat avec l'ensemble des membres. Nous invitons donc ceux qui n'ont pu assister à cette première rencontre, et en particulier les étudiants, à titre individuel ou via leur comité, à se prononcer sur ces questions qui nous concernent tous. Faites parvenir vos opinions, vos impressions, vos suggestions à l'IHAF. Nous en rendrons compte par l'intermédiaire de cette chronique.

SUITES CONCRÈTES À DONNER

1. Faire place aux non-québécistes, aux historiens de l'art, aux ethnologues dans des séances lors du congrès annuel.

2. Offrir aux associations d'historiens non-québécistes de tenir leur congrès en même temps que le nôtre.

3. Assurer des hyperliens sur notre site internet avec les associations d'historiens non-québécistes ou d'autres associations comme les ethnologues.

4. Procéder à l'organisation d'un Réseau historique tel que décrit dans le présent document.


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Dernière modification: Jeudi 20 mai 1999