Bulletin de l'IHAF - Numéro 35 - Printemps 1999

 

LE MOT DE LA PRÉSIDENTE

Fidèle à ses traditions, l'Institut d'histoire de l'Amérique française est intervenu de manière soutenue dans plusieurs dossiers publics pendant les derniers mois: l'enseignement et la diffusion de l'histoire, la législation en matière d'accès à l'information et de protection des renseignements personnels, la politique de numérisation des archives, la préservation et l'accès aux recensements nominatifs du XXe siècle. En même temps, de nouvelles initiatives ont été amorcées afin d'accroître les services que l'Institut offre à ses membres: participation au projet Érudit, entente avec le ministère de la Culture et des Communications pour la réalisation d'études patrimoniales.

Défendre l'histoire

L'Institut continue à être vivement préoccupé par l'enseignement de l'histoire à l'école secondaire et au CÉGEP, ainsi que par tous les autres modes de diffusion de l'histoire. C'est pourquoi il a accepté de collaborer à l'organisation du colloque "L'avenir de notre passé", une initiative de Desmond Morton de l'Institut d'études canadiennes de l'Université McGill. Cette rencontre a réuni près de 800 participants provenant d'une variété de milieux; plusieurs membres de l'Institut y ont contribué à divers titres. La réforme de l'enseignement de l'histoire au Québec et les défis de la révision des programmes et de la formation des maîtres y furent évoqués. Toutefois, cette rencontre a également servi à rappeler l'importance des musées, des sites historiques, du cinéma et de la télévision pour la formation historique des citoyens.

Cette réalité et la conviction que les historiens ont un rôle fondamental à jouer dans la formulation de politiques ayant une incidence sur la diffusion de l'histoire, expliquent l'intervention de l'Institut devant le CRTC en décembre dernier lors des audiences publiques pour débattre de la création d'une chaîne consacrée à l'histoire. Evelyn Kolish résume le mémoire de l'Institut et le déroulement de son témoignage devant le CRTC ailleurs dans ce Bulletin.

Archives et protection de la vie privée

La pratique de l'histoire exige d'abord que les traces du passé soient sauvegardées et rendues accessibles. Or, depuis quelques années, des menaces de plus en plus nombreuses et pressantes pèsent sur le patrimoine archivistique québécois et canadien.

Au Québec, l'Institut mène depuis plus de trois ans une campagne pour sensibiliser le législateur et l'opinion publique aux effets néfastes de certaines dispositions de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels et de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé. Les bulletins parus depuis 1997 auront permis aux membres de l'IHAF de suivre les principaux "engagements" de notre offensive. L'automne dernier nous croyions avoir enfin réussi à faire reconnaître la légitimité des principes que nous défendons. En effet, à cette époque le ministre responsable du dossier annonçait qu'il introduirait des amendements au projet de loi 451 afin, notamment, de rendre possible la communication de renseignements personnels, sans le consentement de la personne concernée, 100 ans après le date de création du document ou 30 ans après le décès de la personne. Or, avec les élections de l'automne dernier, ce projet de loi est mort au feuilleton; les amendements tant attendus subirent le même sort! Les déclarations récentes des représentants du ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration ainsi que de la Commission d'accès à l'information indiquent clairement que la modification du cadre législatif existant n'est pas une priorité gouvernementale. Outre les deux lois déjà identifiées, la recherche et l'écriture historiques sont soumises aux dispositions restrictives des articles 35 à 41 du Code civil. De concert avec l'Association des archivistes du Québec et la Fédération des sociétés de généalogie du Québec, l'Institut a collaboré, en mars dernier, à l'organisation d'un colloque visant à explorer des voies de solution. Sur ce front également, il faut constater l'immobilisme gouvernemental. Les historiens demeurent donc soumis à un régime juridique qui est profondément hostile à l'exercice de leur profession.

À Ottawa, le projet de loi C-54, déposé l'automne dernier, a pour objectif de promouvoir le commerce électronique tout en imposant à l'entreprise privée une réglementation complexe touchant à la collecte, à l'utilisation et à la communication des renseignements personnels. Après avoir fait l'objet d'un examen détaillé par le Comité permanent de l'Industrie, ce projet de loi devrait franchir les dernières étapes requises pour son approbation par les Communes et le Sénat dans les prochaines semaines. Déjà, ce projet de loi a suscité des réactions vives et souvent opposées. Dans son mémoire (voir le site internet) et dans sa présentation conjointe (avec la Société historique du Canada et l'Association of Canadian Archivists, devant le Comité permanent de l'Industrie) l'Institut a souligné les qualités du projet de loi - lequel est beaucoup moins contraignant que la législation québécoise - tout en exigeant des éclaircissements et certaines améliorations. L'Institut s'inquiète plus particulièrement du contenu encore indéfini des règlements qui guideront l'interprétation future du projet de loi C-54 et a exigé qu'historiens et archivistes soient associés à leur élaboration. Dans ce dossier, un optimisme prudent semble donc justifié, mais la vigilance demeure essentielle.

Les archives: autres défis

Au début de cette année, les Archives nationales du Québec sollicitaient la collaboration de l'Institut pour mener une consultation sur "Les critères de conservation et d'élimination des documents originaux des ANQ après numérisation". C'est ainsi que l'Institut a désigné un de ses membres, Claude Bellavance de l'Université du Québec à Trois-Rivières, comme son représentant au comité chargé de cette consultation externe. Avec une dizaine d'autres organismes, l'Institut a aussi été invité à réagir au document de consultation élaboré par les ANQ. Pour préparer sa réponse, l'Institut a formé un comité ad hoc, composé de José Igartua, Donald Fyson, Jean-Marie Fecteau et Denys Chouinard. Son rapport (voir le site internet de l'Institut) propose une analyse rigoureuse de la politique de numérisation. L'Institut attend avec beaucoup d'intérêt les délibérations du comité consultatif qui auront lieu à la fin du mois de mai.

À Ottawa, l'avenir des recensements nominatifs postérieurs à 1901 suscite des inquiétudes et des interventions. En effet, ces archives, conservées par Statistiques Canada, sont aujourd'hui inaccessibles aux chercheurs en vertu de dispositions législatives qui, à partir de 1906, offraient aux citoyens des garanties explicites de confidentialité. Plusieurs organisations, dont la Société historique du Canada, la Writers' Union of Canada et les regroupements de généalogie à l'échelle canadienne, revendiquent le transfert de ces documents aux Archives nationales du Canada et leur communication aux mêmes conditions que les recensements antérieurs. L'Institut appuie ces efforts et participera aux activités de lobbying pendant les prochains mois.

Promouvoir le partenariat

Depuis un peu plus d'un an, l'Institut multiplie ses collaborations avec d'autres représentants des milieux de l'histoire et du patrimoine. C'est ainsi qu'il coordonne ses efforts dans le dossier de l'accès à l'information et de la protection des renseignements personnels au Québec avec archivistes, généalogistes et représentants des musées. Au fédéral, il cherche à améliorer ses communications avec la Société historique du Canada et à mener avec elle certaines actions communes. La création récente par l'IHAF du Réseau historique, décrite ailleurs dans ce Bulletin, s'inscrit dans ce contexte de collaboration.

Mais le virage du partenariat ne se limite pas aux efforts de communication et de lobbying. L'Institut et la Revue d'histoire de l'Amérique française participent depuis janvier 1998 au projet Érudit. Ce projet pilote, entré maintenant dans une nouvelle phase que décrit la directrice de la Revue, Fernande Roy, dans un autre texte de ce Bulletin, s'appuie sur l'expertise des Presses de l'Université de Montréal et permet à la RHAF d'être parmi les revues savantes à l'avant-garde de l'édition électronique.

Enfin, l'Institut cherche aussi à développer des relations plus étroites avec la Direction de Montréal du ministère de la Culture et des Communications du Québec, qui reconnaît l'expertise de la communauté historienne et souhaite sa participation plus active à la vie culturelle et patrimoniale de la métropole. C'est pour cette raison, en effet, que la Direction de Montréal a accordé à l'Institut une modeste subvention lui permettant d'évaluer les possibilités de partenariat avec d'autres organismes culturels de la région. Les mêmes motifs expliquent la signature d'une lettre d'entente confiant à l'Institut le mandat de réaliser des études patrimoniales pour le ministère. Pour répondre à ce nouveau défi, l'Institut a créé un comité aviseur et sollicité ses membres afin de constituer une banque de candidats. Les membres du Conseil d'administration ont accueilli ces initiatives du ministère avec enthousiasme. Malgré les nombreux défis posés par cette nouvelle orientation, ils sont convaincus que cette initiative aura des retombées bénéfiques sur l'Institut et permettra aux jeunes chercheurs d'acquérir une expérience de travail utile et intéressante. L'Institut souhaite que le projet pilote amorcé cet été mène à la signature d'une entente de collaboration à plus long terme.

JOANNE BURGESS, présidente

RAPPORT DE LA TRÉSORIÈRE

Les finances de l'Institut restent dans un état fragile, malgré les efforts déployés pour les redresser. Durant l'année financière qui s'est terminée le 31 mars, l'Institut a connu un déficit de presque 10 000$, dépassant le déficit prévu d'à peu près 4000$. Plusieurs facteurs expliquent cette situation, entre autres les dépenses de l'impression de l'index décennal de la RHAF, la baisse continue du membership qui nous a privés de revenus significatifs et des frais imprévus de temps supplémentaire et de formation en informatique pour notre indispensable secrétaire. Malgré une subvention de 5000$ du MCC et un profit respectable au congrès de 1998, ces dépenses imprévues ont gonflé le déficit. Les prévisions pour 1999-2000 promettent une meilleure année, bien que la marge de manœuvre soit très mince entre le léger excédent prévu et une autre année déficitaire. D'ailleurs, seule une augmentation dans les subventions du CRSH pour la Revue et pour les frais de voyage au congrès nous permettent d'envisager ce léger excédent. Clairement, sans une réponse vigoureuse à la campagne de recrutement qui doit se dérouler cet automne, notre situation financière à long terme ne saura s'améliorer. Souhaitons une campagne dynamique et une réponse abondante. N'oublions pas non plus que tout don à l'Institut est reconnu par un reçu pour déduction d'impôt. Dans l'absence totale de subventions pour l'administration, l'Institut dépendra de plus en plus de son membership et de sa générosité.

EVELYN KOLISH, trésorière

Mémoire et présentation de l'IHAF devant le CRTC

Le CRTC a tenu des consultations publiques à l'automne et à l'hiver 1998-1999 sur la pertinence d'augmenter le nombre de chaînes de télévision francophones spécialisées et sur le choix non seulement des types de nouvelles chaînes mais également des organismes qui détiendront des licences pour exploiter ces nouveaux créneaux télévisuels.

Dans le mémoire envoyé au CRTC et présenté par Evelyn Kolish devant les commissaires à Montréal le 10 décembre 1998, l'Institut a insisté d'abord sur le potentiel civique d'une telle chaîne dans une société où l'enseignement de l'histoire a été négligé. Cette chaîne historique permettrait d'informer les citoyens tout en les divertissant et en les aidant ainsi à mieux saisir les enjeux auxquels l'actualité les confronte. Ensuite, l'Institut a esquissé deux principes fondamentaux qu'on croyait primordiaux dans le choix à faire entre les deux propositions que le CRTC avait reçues. Dans un premier temps, l'Institut voulait souligner l'importance de la diversité ou du pluralisme parmi les principes qui doivent guider la programmation. Une programmation diversifiée devrait d'abord inclure des émissions qui reflètent la riche diversité thématique qui caractérise la production historienne des dernières décennies. Tout en privilégiant l'histoire canadienne et québécoise, cette programmation devrait aussi faire une large place à l'histoire mondiale et à des émissions de nature comparative. En somme, la diversité doit se refléter non seulement dans les thèmes et dans les périodes chronologiques mais aussi dans les aires géographiques.

Le deuxième principe fondamental que l'Institut croit essentiel dans la programmation d'une chaîne spécialisée en histoire est le souci de la qualité pédagogique et scientifique. L'Institut percevait un comité aviseur composé de personnes reconnues pour leurs compétences spécifiques et représentatives de la vaste gamme des domaines de la connaissance historique comme un élément essentiel permettant d'assurer la qualité et la diversité des émissions.

En somme, l'IHAF a recommandé aux commissaires de choisir le candidat qui pouvait démontrer sa capacité à produire une grille horaire diversifiée qui fait place à l'ensemble des facettes de l'histoire, à l'ensemble des périodes temporelles et des régions géographiques. Enfin, le CRTC devrait s'assurer que la candidature retenue a su et saura s'entourer d'un comité d'historiens qualifiés représentant l'éventail aussi complet que possible des domaines de l'histoire. Nous croyons que c'est à ces conditions qu'une chaîne de télévision pourra offrir des émissions à la fois divertissantes pour le public et rigoureuses dans leur traitement du passé. Sans endosser officiellement une des candidatures dans la présentation, la représentante de l'Institut a répondu aux questions des commissaires en indiquant que la soumission de la SRC lui semblait mieux respecter les principes que l'IHAF préconisait.

EVELYN KOLISH

PRIX DE L'INSTITUT

Le Comité responsable de la sélection des lauréats des Prix de l'Institut - Prix Lionel-Groulx-Fondation Yves-Saint-Germain, Michel-Brunet, Guy-Frégault et Maxime-Raymond - est à pied d'œuvre. Il est constitué de Thomas Wien (Université de Montréal), président, de Bettina Bradbury (Université York) et de Marc Vallières (Université Laval).

Ces prix seront remis lors du prochain congrès de l'IHAF, à Trois-Rivières, en octobre 1999.

Prix Lionel-Groulx - Fondation Yves-Saint-Germain

Grâce au soutien de l'historien et homme d'affaires Yves Saint-Germain, le Prix Lionel-Groulx - Fondation Yves-Saint-Germain, attribué chaque année par l'Institut d'histoire de l'Amérique française au meilleur ouvrage paru en français ou en anglais sur l'histoire du Québec, du Canada français et de l'Amérique française, est dorénavant doté d'un montant de 5000$ au lieu de 3000$.

Yves Saint-Germain, dont la Fondation pourvoiera à ce Prix jusqu'en 2010, a obtenu son doctorat en histoire de l'université du Delaware en 1975. Sa thèse intitulée The Genesis of the French-Language Business Press and Journalists in Quebec (1871-1914) a constitué une percée originale dans la découverte des milieux d'affaires canadiens-français au tournant du siècle. Son étude de la presse d'affaires, du Négociant canadien, du Moniteur du commerce et du personnel de ces journaux s'inscrivait dans les intérêts du jeune historien pour l'histoire économique du premier quart du vingtième siècle québécois comme en témoigne sa contribution à Économie québécoise (1969). Yves Saint-Germain a enseigné l'histoire économique du Canada et du Québec à l'Université de Montréal de 1968 à 1980.

Doté d'une bourse de 5000$, le Prix Lionel-Groulx - Fondation Yves-Saint-Germain veut primer le meilleur ouvrage paru durant l'année 1998, portant sur un aspect de l'histoire de l'Amérique française et s'imposant par son caractère scientifique. Ce prix est régi par les règles suivantes:

1) La date du copyright établit l'année de parution;
2) ne sont éligibles que les œuvres originales, publiées en français ou en anglais; dans le seul cas où une traduction française paraît la même année que l'édition originale, la version française sera soumise au jury;
3) l'expression "Amérique française" déborde largement le Québec et inclut les minorités francophones sur le continent nord-américain;
4) le lieu d'édition et le nombre d'auteurs ne sont pas pris en considération;
5) sont exclus du concours: les actes d'un colloque, les dictionnaires, les encyclopédies, les anthologies, les répertoires et les inventaires;
6) toute personne ou toute maison d'édition qui désire soumettre une œuvre doit en faire parvenir quatre (4) exemplaires au secrétariat de l'Institut;
7) le jury sélectionne une œuvre parmi celles reçues et il lui appartient d'établir si une œuvre relève de l'histoire ou d'une autre discipline.

Prix Michel-Brunet

Le Prix Michel-Brunet, doté d'une bourse de 1000$, couronne le meilleur ouvrage traitant d'un sujet historique, quel que soit le champ spatio-temporel, produit par un(e) jeune historien(ne) québécois(e) de moins de 35 ans. Ce prix est régi par les règles suivantes:

1) L'auteur(e) devra être résidant(e) du Québec et être âgé(e) de moins de 35 ans lors de la parution de son œuvre (prière de joindre un curriculum vitae);
2) l'œuvre doit être publiée en langue française;
3) l'œuvre peut être aussi bien un livre, un article dans une revue scientifique, un document sonore ou visuel;
4) l'œuvre doit être publiée durant les 24 mois précédant le 24 juillet de l'année de l'attribution du prix (du troisième trimestre de 1997 au deuxième trimestre de 1999 inclusivement);
5) toute personne ou toute maison d'édition qui désire soumettre une œuvre doit en faire parvenir quatre (4) exemplaires au secrétariat de l'Institut, en mentionnant qu'il s'agit du Prix Michel-Brunet;
6) le jury sélectionne une œuvre parmi celles reçues.

Prix Maxime-Raymond

Le Prix Maxime-Raymond, doté d'une bourse de 1500$, couronne la meilleure biographie historique publiée en français dans les trois années précédant sa remise et s'imposant par son caractère scientifique. La période d'éligibilité pour ce prix couvre les années 1996, 1997 et 1998. Le Prix Maxime-Raymond a été créé par la Fondation Lionel-Groulx pour encourager la publication de biographies de personnages marquants de l'histoire canadienne et il est régi par les règles suivantes:

1) La date du copyright établit l'année de parution;
2) par biographie, on entend tout ouvrage qui relate la vie d'hommes ou de femmes du Canada français;
3) le lieu d'édition de l'œuvre et le nombre d'auteurs ne sont pas pris en considération;
4) toute personne ou maison d'édition qui désire soumettre une œuvre doit en faire parvenir quatre (4) exemplaires au secrétariat de l'Institut d'histoire de l'Amérique française;
5) le jury se réserve le droit de déterminer si une œuvre relève du domaine biographique.

Pour obtenir de plus amples renseignements, vous pouvez communiquer avec Lise McNicoll, à l'adresse suivante:

Institut d'histoire de l'Amérique française
261 avenue Bloomfield, Outremont, QC H2V 3R6
téléphone (514) 278-2232 - télécopieur (514) 271-6369
courrier électronique ihaf@ihaf.qc.ca

YVAN LAMONDE

RAPPORT DU COMITÉ AD HOC SUR L'AVENIR DE L'INSTITUT

Compte rendu de la discussion sur l'avenir de l'Institut d'histoire de l'Amérique française
tenue lors du dernier congrès de l'IHAF. Québec, vendredi 16 octobre 1998

Cette rencontre s'inscrit dans un processus de réflexion sur le rôle et la place de l'IHAF dans la promotion de l'histoire. Depuis un certain temps, l'IHAF est de plus en plus appelé à intervenir dans le débat public pour défendre la place de l'histoire mais aussi la promouvoir. Ces dernières années, l'Institut a ainsi travaillé à la promotion de l'enseignement de l'histoire dans le curriculum scolaire et a été très actif dans plusieurs débats majeurs: sur l'accessibilité des archives, sur l'accès à l'information, sur le code d'éthique. Bref, que ce soit par la rédaction de mémoires, l'assistance à des audiences publiques ou un travail de représentation auprès des pouvoirs politiques, l'IHAF effectue de plus en plus un travail de défense de l'Histoire pour tous sur la place publique.

En même temps, les conditions de la pratique de l'histoire se transforment. De plus en plus, la vitalité et le renouvellement de la pratique historienne passent au Canada comme ailleurs par l'échange, au-delà des domaines de spécialisation ou des appartenances culturelles, idéologiques ou politiques. L'utilisation croissante des nouvelles technologies de l'information, et en particulier de l'internet, a accéléré ces tendances en facilitant et en multipliant grandement les possibilités d'échange. Il appert ainsi que l'ensemble des historiens et historiennes partage des problèmes communs de méthode et des soucis comparatifs qui ne peuvent qu'enrichir le savoir.

Ce contexte interpelle l'IHAF autant sur le plan organisationnel qu'intellectuel. Le mode de fonctionnement actuel de l'IHAF lui permet-il de jouer pleinement son rôle de défenseur de l'histoire au Québec? Comment l'Institut peut-il prendre en compte les nouvelles conditions de pratique des historiens dans un contexte d'échanges croissants?

C'est à partir de ce constat qu'a été mis sur pied un comité ad hoc appelé "Comité sur l'avenir de l'IHAF" qui a, par la suite, proposé une discussion aux membres de l'Institut à l'occasion du dernier congrès annuel. Les quelques lignes suivantes ont donc pour objectif de rendre compte des échanges lors de cet événement.

Cinq questions ont été proposées à la cinquantaine de membres présents autour de la possibilité d'ouvrir l'IHAF à l'histoire et aux historiens non-québécistes. Ont ainsi été discutées la possibilité que l'Institut mette sur pied une fédération regroupant les associations ou groupes d'historiens québécistes et non-québécistes; que l'Institut se serve de son site internet pour établir des liens avec les autres regroupements; qu'il intègre dans le Répertoire des historiens et des historiennes de l'Amérique française les professionnels de l'histoire qu'ils soient historiens de formation ou provenant d'autres disciplines, qu'ils travaillent dans le domaine de l'histoire du Québec, du Canada ou d'ailleurs.

Les aspects intellectuels ont aussi fait l'objet de discussion. Il a notamment été question de la possibilité d'organiser, lors des congrès annuels de l'IHAF, des sessions conjointes québécistes et non-québécistes sur des thèmes propices à la comparaison; de proposer à des groupes ou associations d'historiens non-québécistes au Québec de tenir leur réunion annuelle à l'occasion du colloque de l'IHAF; de tenir un colloque du millénaire en l'an 2000 qui prenne acte de nouvelles pratiques de l'IHAF en ces matières.

La discussion a aussi porté sur l'idée de créer un réseau d'organismes à vocation historique et patrimoniale de façon à bénéficier d'appui lors de campagnes de défense de certains aspects de la profession. Structure légère, ce réseau aurait d'abord et avant tout une existence virtuelle sur le site internet de l'IHAF.

Bref, il s'agissait d'évaluer l'opinion des membres sur 1) le projet de construire une coalition plus large autour de la pratique de l'histoire qui regroupe l'ensemble de tous les historiens et non seulement ceux qui travaillent sur l'Amérique française, de même que les praticiens des autres disciplines intéressés à l'idée de s'associer à ce groupe; 2) d'ouvrir l'IHAF aussi sur le plan intellectuel en invitant les non-québécistes à participer aux congrès annuels, en favorisant les échanges intégrant des perspectives comparatives; 3) sur l'intérêt de susciter l'organisation d'un Réseau d'organismes à vocation historique ou patrimoniale.

De manière générale, les participants au débat étaient ouverts à l'idée d'organiser des activités ponctuelles qui tiennent compte du contexte précédemment décrit. Ainsi, le projet d'intégrer des séances comparatives dans le congrès, de manière occasionnelle, a reçu l'appui de plusieurs. Cependant, les participants étaient généralement réticents à l'idée d'adopter une telle perspective de manière systématique. De même, plusieurs ont reconnu la nécessité d'un regroupement des praticiens de l'histoire tout en étant opposés à l'idée d'effectuer des changements sur le plan structurel, car on souhaite que l'IHAF demeure dans sa forme actuelle où on estime que les énergies sont insuffisantes et ne doivent donc pas être dispersées.

Cette discussion sur les perspectives d'avenir de l'IHAF a ainsi permis de prendre connaissance des opinions des membres présents au congrès et de dresser ce premier bilan. Nous souhaitons vivement poursuivre ce débat avec l'ensemble des membres. Nous invitons donc ceux qui n'ont pu assister à cette première rencontre, et en particulier les étudiants, à titre individuel ou via leur comité, à se prononcer sur ces questions qui nous concernent tous. Faites parvenir vos opinions, vos impressions, vos suggestions à la vice-présidence de l'IHAF à <ihaf@ihaf.qc.ca>. Nous en rendrons compte par l'intermédiaire de cette chronique.

Suites concrètes à donner

1. Faire place aux non-québécistes, aux historiens de l'art, aux ethnologues dans des séances lors du congrès annuel.
2. Offrir aux associations d'historiens non-québécistes de tenir leur congrès en même temps que le nôtre.
3. Assurer des hyperliens sur notre site internet avec les associations d'historiens non-québécistes ou d'autres associations comme les ethnologues.
4. Procéder à l'organisation d'un Réseau historique tel que décrit dans le présent document.

YVAN LAMONDE
MICHÈLE DAGENAIS
MICHEL HÉBERT

LE RÉSEAU HISTORIQUE

Parmi les suites concrètes données au Rapport précédent figure la mise sur pied du RÉSEAU HISTORIQUE. Ce regroupement virtuel d'organismes voués à la défense de l'histoire, du patrimoine et de la culture sera disponible et opératoire lorsqu'il s'agira de faire front commun dans différentes causes liées à la pratique de l'histoire. Non seulement l'IHAF s'est-il rendu visible et s'est-il montré préoccupé de solidarité en prenant cette initiative, mais il a aussi prévu une stratégie collective lorsqu'il s'agit d'intervenir rapidement sur des dossiers et à des moments parfois imprévus. Les organismes qui ont répondu pour le moment à notre invitation sont les suivants: l'Association des archivistes du Québec (AAQ), l'Association des démographes du Québec (ADQ), l'Association des professeures et des professeurs d'histoire des collèges du Québec (APHCQ), l'Association québécoise d'histoire politique (AQHP), le Département d'histoire de l'Université de Montréal, la Fédération québécoise des sociétés de généalogie (FQSG), le Regroupement des musées d'histoire de Montréal (RMHM), la Société des études médiévales du Québec (SEMQ) et l'Union des écrivaines et des écrivains du Québec (UNEQ). Les adresses internet de ces organismes apparaissent sur notre site internet et des hyperliens y conduisent les usagers de notre site. Nous continuons de solliciter l'adhésion d'autres organismes.

YVAN LAMONDE
BERNARD DIONNE

 

UN NOUVEAU COMITÉ CONSULTATIF DE LA RHAF

Le Conseil d'administration, en accord avec la directrice de la Revue, a voulu reconnaître l'apport d'historiens étrangers travaillant sur le Québec et l'Amérique française en faisant appel à leur expertise. On a donné une dimension internationale à la Revue en constituant ainsi son nouveau Comité consultatif. Font partie de ce comité: Gérard Bouchard (Université du Québec à Chicoutimi), Colin M. Coates (University of Edinburgh), Luca Codigonla (Università di Genova), Ramsay Cook (Dictionnaire biographique du Canada), Louise Dechêne (Université McGill), C. Stewart Doty (University of Maine), Allan Greer (University of Toronto), Claude Hauser (Université de Fribourg), Serge Jaumain (Université libre de Bruxelles), Marc V. Levine (University of Wisonsin - Milwaukee), J. I. Little (Simon Fraser University), Jacques Portes (Paris VIII, VincennesSaint-Denis), Jean-Pierre Wallot (Université d'Ottawa) et François Weil (École des hautes études en sciences sociales).

YVAN LAMONDE

LE PROJET ÉRUDIT ET LA RHAF : L'édition électronique de la RHAF

À l'automne de 1997, le fonds FCAR a ouvert un concours pour sélectionner cinq revues devant participer à un projet pilote sur l'édition électronique de revues savantes. La RHAF fut l'une des revues choisies. Ce projet, nommé ÉRUDIT, a été mené par les Presses de l'Université de Montréal durant l'année 1998.

La norme ISO SGML (Standard Generalized Markup Language) a été adoptée comme technologie de base. Entre autres avantages, ce choix autorise la diffusion en ligne des revues en trois formats (SGML, HTML et PDF), assure la pérennité de l'information électronique et permet la production parallèle d'une version imprimée et d'une version électronique des revues.

Le Conseil d'administration de l'IHAF a approuvé la poursuite de la publication électronique de la RHAF, qui est maintenant accessible sur le site ÉRUDIT (www.erudit.org). On trouve aussi un lien sur le site de l'Institut (www.cam.org/~ihaf). Jusqu'en janvier 2000, l'accès est gratuit. Une séance d'information aura lieu dans le cadre du prochain congrès de l'Institut à Trois-Rivières.

FERNANDE ROY

 

52e CONGRÈS DE L'IHAF Trois-Rivières, 22 et 23 octobre 1999: LA VILLE

Le congrès de 1999 aura rempli les objectifs qui lui furent assignés. C'est la conclusion à laquelle nous arrivons à la suite de la lecture du programme préliminaire. Il est riche de 25 séances regroupant 70 communicatrices et communicateurs. Ce sont des spécialistes des études urbaines ou des chercheurs issus de diverses disciplines qui auront ainsi l'opportunité de présenter les résultats de leurs travaux. Parmi eux se trouve une belle représentation de la jeune recherche dont on remarquera certainement le dynamisme et la nouveauté des préoccupations.

Le programme provisoire est publié dans le numéro 52,4 (printemps 1999) de la RHAF et est également affiché sur le site internet de l'IHAF. Chacun est déjà en mesure d'apprécier le large éventail des thèmes ainsi que la richesse des questions qui seront traitées. À titre indicatif voici quelques-uns des titres qui ont été donnés aux séances sur le phénomène urbain: centralisation et décentralisation, les infrastructures, l'habitat, la santé publique, l'environnement, les élites économiques, la culture: identité, représentations, acculturation. Une place est également faite à des bilans et aux perspectives de la recherche, de même qu'à la connaissance et l'exploitation des fonds d'archives. La programmation fait une place à une conférence qui sera donnée par Jean-Pierre Collin de l'INRS-Urbanisation. Lors de la séance plénière, il nous entretiendra sur la recherche aujourd'hui. Au nombre impressionnant de communications sur le thème du congrès, s'en ajoutent d'autres: sur l'éducation, sur la mémoire et l'identité et sur la réalité du Canada français, pour donner ces seuls exemples. Enfin, le congrès de Trois-Rivières fournira l'occasion de souligner la carrière remarquable de Marcel Trudel.

Le 52e congrès de l'Institut d'histoire de l'Amérique française aura lieu à l'Hôtel Delta. Une fiche d'inscription avec les coûts de séjour et les modalités de réservation de chambres à cet hôtel est jointe à la livraison de la revue.

Pour obtenir des informations sur le programme ou l'organisation du congrès, on peut communiquer avec Jean Roy, département des sciences humaines, Université du Québec à Trois-Rivières; teléphone: 819-376-5099; télécopieur: 819-376-5179; courriel: jean_roy@uqtr.uquebec.ca

Les membres du Comité d'organisation du congrès sont, outre Jean Roy qui est responsable du comité, Michèle Dagenais, Marie-Josée Dorion, Lucia Ferretti, Robert Gagnon, Yannick Gendron, Evelyne Kolish, Pierre Lanthier et Jean-Marc Paradis.

Montréal, octobre 2000

Le Congrès de l'an 2000 se tiendra à Montréal à l'initiative du département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal. Le Comité comprend pour le moment Robert Gagnon, Lise Roy et Alain Beaulieu du département d'histoire de l'UQAM.

COMITÉ ÉTUDIANT

Les quatre membres du Comité étudiant de l'IHAF (Julien Bréard, Line Gosselin, Jarrett Rudy et Éric Vaillancourt) ont entrepris la dernière année de leur mandat avec un objectif précis à atteindre: dynamiser autant que faire se peut la présence du Comité au sein de l'Institut. Parce que les membres étudiants de l'IHAF sont aussi sa relève, nous pensons qu'assurer un rôle plus dynamique au sein de celui-ci et prendre part notamment aux débats qui le concernent devrait être un objectif poursuivi par les étudiantes et les étudiants désireux de poursuivre une carrière en histoire.

L'atteinte de cet objectif passait d'abord et avant tout par la mise à jour de la liste des membres du Conseil étudiant de l'IHAF. Composé d'une vingtaine de membres, le Conseil étudiant est en fait un réseau d'étudiantes et d'étudiants en histoire, issus de la plupart des universités québécoises. La tâche principale des membres est de diffuser l'information émise par le Comité étudiant. Les membres du Conseil sont également mis à contribution lors de certains processus de réflexion, tels que la définition du sujet de la table ronde du congrès annuel. Le Comité étudiant s'est donc assuré que les membres du Conseil étudiant soient disposés à participer activement. Il n'est pas inutile de mentionner que la relève du Comité étudiant proviendra probablement en partie du Conseil étudiant déjà en place.

Il était également important pour le Comité étudiant de s'assurer une plus grande visibilité. Nous avons ainsi pu compter sur la collaboration du Comité du site internet de l'IHAF afin de concevoir une page étudiante qui serait intégrée au site actuel. Le travail de conception est bien amorcé et on peut sans l'ombre d'un doute avancer que la page étudiante sera opérationnelle sous peu. On y retrouvera notamment le descriptif du mandat du Comité étudiant, la liste des membres du Comité et du Conseil, les procès-verbaux des réunions du Comité actuel et les bilans des tables rondes des congrès annuels de 1997 et de 1998.

L'organisation et la tenue d'une table ronde au congrès annuel est certainement le mandat le plus important du Comité étudiant. Pour le moins absents du débat jusqu'à maintenant, les membres du Comité ont décidé de prendre part au processus de réflexion amorcé récemment sur le rôle et la place de l'IHAF dans la promotion de l'histoire. Il a donc été résolu que la table ronde du Congrès de Trois-Rivières porterait sur cette importante question. Des étudiantes et des étudiants actifs ou qui sont sur le marché du travail depuis peu seront amenés à se prononcer, d'une part, sur les propositions retenues à la suite de l'activité de discussion sur l'avenir de l'IHAF tenue lors du Congrès d'octobre 1998. D'autre part, les participants seront invités à aborder d'autres thèmes et proposeront, s'il y a lieu, des modifications à la liste des propositions retenues.

LINE GOSSELIN
ÉRIC VAILLANCOURT

À LA MÉMOIRE DE WILLIAM ECCLES, JEAN HAMELIN, STANLEY B. RYERSON ET PIERRE SAVARD

Allocution d'Yves Roby lors du dernier congrès

Avant d'inviter Thomas Wien, président du Comité des prix, à venir dévoiler les noms des gagnants des prix de l'Institut, vous me permettrez de saluer la mémoire de grands historiens décédés durant la dernière année: Jean Hamelin, Pierre Savard, Stanley Ryerson, William Eccles. Je m'adresse pour ce faire aux étudiants et aux jeunes chercheurs.

Peut-être connaissez-vous peu ou mal ces collègues disparus. Eh bien, lisez leurs travaux et vous découvrirez des historiens et des écrivains d'envergure, des pionniers qui ont tracé la voie à des dizaines et des dizaines d'entre nous. Interrogez leurs étudiants, leurs collègues, leurs amis. Vous apprendrez à connaître des universitaires, des professeurs exceptionnels, d'une culture, d'une érudition et d'un savoir-faire hors de l'ordinaire. Vous découvrirez des personnalités attachantes, passionnées, d'une générosité sans limites à l'égard de leurs étudiants; vous connaîtrez des animateurs hors pair capables d'amener les jeunes à prendre confiance en leurs moyens et à donner le meilleur d'eux-mêmes; vous trouverez des gens capables de se réjouir sans arrière-pensée des succès de leurs étudiants et de leurs collègues; vous apprendrez enfin à aimer et à chérir leur mémoire, comme leurs étudiants, leurs amis et leurs collègues les ont aimés.

YVES ROBY

RAPPEL: LE SITE INTERNET DE L'IHAF

Adresse: HTTP://WWW.CAM.ORG/~IHAF

Au nom des membres de l'Institut, nous remercions les collègues qui voient à la mise à jour mensuelle du site: Michèle Dagenais (Université de Montréal), Jean-Christian Aubry (Université de Montréal) et Daniel Dicaire (Université du Québec à Montréal). Des commentaires et des suggestions? Acheminez-les à ihaf@ihaf.qc.ca

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Ce site a été réalisé par Yves Otis, candidat au doctorat en histoire à l'Université de Montréal, avec l'aide des professeurs José Igartua de l'Université du Québec à Montréal et Luc Guay de l'Université de Sherbrooke, et de Jean-Christian Aubry et Daniel Dicaire, étudiants à la maîtrise. La mise en ligne de ce site a été rendue possible grâce à l'aide financière de Bernard Bélanger, président et directeur général des Entreprises Premier CDN.


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