Les Racines d’Argent des Guerres de l’Opium

par John Ray (johnray@club-internet.fr)

Le 7 avril 1840, le bien fondé de la guerre pour forcer la Chine à continuer l’importation d’opium des Indes Britanniques fut débattu à la Chambre des Communes à Londres. William Gladstone s’y opposait, «Une guerre plus injuste dans son origine, une guerre plus prévue dans sa préparation pour couvrir d’une honte perpétuelle ce pays, je n’en connais pas dans toute l’histoire. Le pavillon britannique, qui flotte fièrement sur Canton, n’est hissé que pour protéger un infàme trafic de contrebande.» Il a échoué, la première Guerre de l’opium[1] ne pouvait être évité. Dans ce texte informel, j’essaie de présenter les raisons économiques sous-jacentes.

Un trou noir

Graphique de la population de la Chine

Comme je le perçois, le problème fondamental, qui a parsemé l’histoire de l’Extrême-Orient depuis l’arrivée des portugais au 16e siècle, est l’argent métal, tant pour acheter le coton et l’opium aux Indes que pour acheter le poivre de Sumatra, les clous de girofles des Moluques et la muscade des Bandas ou pour dépenser directement dans l’archipel indonésien. Après que Tomé Pires eut visité Pékin en 1517 et établi le commerce avec Canton, les portugais ont aussi eut besoin d’argent pour payer la soie, la céramique et l’or qu’il importait de Chine. De façon générale, les produits d’Europe ne se vendait pas bien dans l’Orient. Par exemple, les premiers bateaux de la Compagnie des Indes Orientales transportaient de la laine britannique. Bien sûr, elle ne se vendait pas bien dans le climat tropical du Cochin ou de Malacca! Pour ce qui est des portugais, que produisaient-ils qui puisse intéresser ces marchés? Vous pouvez aller loin avec des fusils, des soldats et prêtres, mais ils ne fournissent pas les bases d’une économie à long terme.

Donc, les occidentaux avaient une «balance négative de paiements» comme on dirait de nos jours. Dans ce temps là, ceci devait être compensé par l’expédition de lingots d’argent. La Chine semble avoir été un véritable «trou noir» pour l’argent métal. L’appétit chinois insatiable pour l’argent était, je crois, relié avec la rapide croissance de la population chinoise sous la dynastie Qing (Elle a plus que triplée durant les 150 années de la prise de pouvoir des Qing en 1644 et la fin du 18e siècle.) plus ce qui semble avoir été une économie en expansion, au moins dans le commerce, si ce n’est en production industriel. (voir graphique #1). En conséquence, il y avait un besoin pour de plus grandes liquidités. Même si les billets de banques existaient depuis longtemps en Chine, ils rappelaient de mauvais souvenirs aux chinois. Les chinois prudents préféraient grandement le métal, aussi bien les sapèques en cuivre[2] ou les «taels»[3] en argent. La Chine n’utilisait que peu d’or, sinon pas du tout.

Graphique du rapport entre l'or et l'argent

En fait, la Chine est rapidement devenue une grande exportatrice d’or. Le ratio officiel du poids de l’argent versus de l’or fut fixé durant la dynastie Tang 10:1. Au 16e siècle, le taux du marché a chuté considérablement, variant entre 5.5:1 et 7.1. Comme le ratio d’Europe était autour de 13:1, les possibilités pour des échanges hautement profitable étaient évidentes. (voir graphique #2) Il n’était même pas nécessaire de faire venir l’argent d’Europe. Au Japan, qui était un grand producteur d’argent, la ratio était similaire à celui d’Europe. Une fois que les portuguais se furent établis au Japon durant les années 1650, ils expédiaient de l’or chinois de leur établissement à Macao pour échanger contre de l’argent. Ils utilisaient l’argent pour financer leurs achats en Chine et dans le sud-est asiatique Avant la fin du 16e siècle, les portuguais exportaient annuellement autour d’un million de cruzados[4] en valeur d’argent (à peu près un et demi millions de piastres espagnoles [5]) par année du Japon. Ceci augmenta jusqu’à autour de 3 millions de piastres en 1630.

Après que les Portugais furent expulsés du Japon en 1630, les Hollandais ont repris le commerce. Ils ont exportés quelque 210,000 kg d’argent de leur factorerie(voir note) sur l’île de Deshima dans la baie de Nagasaki durant les 90 ans entre 1663 et 1752 (à peu près 80 milles piastres par année)[6] Le Japon, cependant, était une source secondaire d’argent pour la Chine. Les anglais, les hollandais et les français échangeaient aussi de large quantité d’argent américain à Canton, pour de l’or Il vaut peut-être la peine de citer l’abbé Raynal, qui a écrit à une époque où le trafic a complétement décliné. «Castanier[7] expédioit des marchandises [esclaves?] pour le Mexique. Les piastres qui provenoient de leur vente étoient portées à Acapulco, d’où elles passoient aux Philippines, et de là à la Chine où on les convertissoit en or.» L’argent servant à combler la balance commercial déficitaire sans cesse croissante continuait à arriver en Chine dans des quantités toujours plus grandes. Le ratio de l’argent à l’or en Chine a augmenté de façon continue durant le 18e siècle jusqu’à ce qu’il atteigne les niveaux mondiaux dans le milieu du siècle. L’échange pour de l’or chinois devint de moins en moins profitable et disparue finalement dans les années 1760.

La Chine voulait de plus en plus d’argent. Comme la production chinoise de ce métal était infime, ce métal pouvait être obtenu seulement par le commerce . Louis Dermigya estimait que quelque 47 millions de dollars d’argent furent importées de 1719 à 1760. Selon mes estimations brutes, la Chine absorbait alors à peu près 20% de la production totale mondiale dans le milieu du 18e siècle. Excepté pour les envois du Japon, la source d’argent était l’Amérique espagnole. La piastre espagnole ou “peso fuerte” devint et demeura pendant des siècles la pièce standard dans cette région. Quand les dollars espagnols étaient en rupture de stock, comme durant les guerres, aussi bien les anglais que les hollandais frappèrent leur propre dollars «espagnols», avec les mêmes dimensions, poids et titre que ceux de Mexico ou de Séville. Bien sûr, beaucoup de pièces américaines et de lingots atteignirent l’orient directement par l’annuel «Manila Galleon» d’Acapulco - peut être autant que 2 millions de dollars à la fin du 17e siècle, soit près de 1/8 de la production mexicaine. Mais la majorité de l’argent provenait, d’une manière ou d’une autre, par une traversée de l’Atlantique et ainsi dans les mains des individus et compagnies impliqués dans le commerce avec l’Extrême-Orient. Bien sûr - avec les pirates et les pillards sur terre et mer et avec les énormes dépenses militaires ou somptuaires de la Couronne Espagnole en Europe - l’empire espagnol souffrait d’une grave hémorragie d’argent. Ce flot bénéfique allait irrigué le nord de l’Europe et contribué à sa remarquable croissance économique et culturelle durant le 16e siècle jusqu’au 18e.

Des esclaves et du thé

Je crois que la partie importante de ce flux fut généré par les paiements en argent des marchands d’esclaves, qu’ils soient légaux ou non. Une règle générale mais non universelle veut que les profits de la traite des esclaves étaient importants. Mais pour moi, la rentabilité de ces échanges, que les marchands profitent de la traite ou non, n’était pas le facteur clé. Je suis plus intéressé au flux d’argent qui arrivait sur les marchés financiers européens, et ainsi devenait disponible pour le commerce asiatique. En plus, l’usage croissant de breuvages exotiques, comme le café, le chocolat et particulièrement le thé, qui demandaient l’addition de sucre a encouragé le développement massif de la production de sucre dans les Antilles, lequel était très dépendant de l’arrivée croissante d’esclaves. Ainsi, le commerce des esclaves était relié à l’orient de trois façons. Premièrement, les esclaves étaient une source importante, quoiqu’indirecte, d’argent nécessaire à l’Orient. Deuxièmement, l’Asie, les Indes, était une source importante du coton teint de couleurs brillantes que les Africains appréciaient et c’était un facteur clé dans le commerce le long des côtes africaines. Il semble que la dépendance envers les cotons indiens a commencé à diminuer durant la révolution industrielle en Angleterre dans la seconde moitié du 18e siècle et plus tard en France. Enfin, elle augmentait indirectement la demande pour le sucre qui était produit par les esclaves.

Désormais, avec la dépendance croissante des britanniques envers le thé, le besoin d’argent pour le commerce avec l’Orient devenait plus aigu dans les dernières décénies du 18e siècle et durant le 19e siècle. Cet dépendance au thé n’était pas seulement physique, mais aussi fiscal. Dès le 19e siècle, les droits d’entrée fournissait à l’Échiquier (NLDR: ministère des finances britanniques) un dizième de ses revenus provenant de l’ensemble de l’Angleterre. Les importations de thé représentaient le plus important item individuel dans les échanges commerciaux du pays.

Trouver l’alternative

Graphique du commerce de l'opium et du thé

Avec le monde, mené par l’Angleterre, cheminant vers l’abolition de la Traite des esclaves, le besoin pour un substitut de l’argent devenait encore plus évident. Depuis le début du Commerce avec la Chine au 16e siècle, les Portuguais vendaient du coton indien à leur base de Macao. Ce commerce fut plus tard repris par les Britanniques. Même si elles étaient importantes, les expéditions de coton étaient bien loin de compenser le coût du thé. En raison d’erreur de politique par la nouvelle administration Ching, la production de cuivre a chûtée drastiquement après 1644. Dès 1670, la source de matière première fut insufisante pour produire les sapèques en cuivre nécessaires aux échanges commerciaux. Le prix des sapèques sur le marché a augmenté de 1.000 par tael d’argent à 700. Pékin a ainsi encouragé l’importation de cuivre. Les échanges avec le Japon, un grand producteur de cuivre, ont crûs rapidement. Pendant à peu près vingt ans, les ateliers chinois ont utilisés du cuivre japonais importé, qui était moins coûteux que le cuivre domestique. Ce cuivre était transporté par des jonques chinoises se rendant dans les ports japonais et par des expéditions hollandaises de leur factorerie à Deshima. Les hollandais expédiaient aussi du cuivre à leur établissement dans l’archipel indonésien et à leur factoreries aux Indes et à Ceylan. Une partie était même expédiée vers l’Europe. La commerce du cuivre devint tellement important que les autorités japonaises s’inquiétèrent. Des quotas d’exportation furent imposés autant aux chinois qu’aux hollandais. Néanmoins, à ce moment, Pékin avait renforcé ses politiques face au cuivre domestique. La disponibilité du cuivre chinois sur le marché a augmenté rapidement. Dès 1738, la Chine fut à nouveau autosifisante en matière de cuivre. Les importations ont chuté de façon abrupte.

Peu après que les découvertes de James Cook sur la côte nord-ouest des Amériques fut publiés posthumement, une société au nom intéressant, la «Bengal Fur Society» a envoyé deux bateaux à l’autre côté du Pacifique pour faire le commerce des fourrures qui étaient hautement appréciées des chinois. La fourrure d’Otarie valait littéralement son pesant d’argent à Canton. La British India company a aussi affrêté des navires à partir de Madras pour ce commerce. En plus, une compagnie nouvellement créée, la «King George Sound Company» a envoyé des bateaux autour du Cap Horn pourparticper à ce commerce. En tout, 35 navires britanniques furent engagés dans le commerce trans Pacifique durant la décennie de 1783 à 1794. Les marchands américains sont aussi entrés dans le bal, qui a continué jusqu’au début du siècle suivant.

Mais, ces efforts furent au mieux opportuns. Si la Chine était un trou noir pour l’argent, l’Angleterre l’était pour le thé. (voir graphique #3) Ces importations en thé continuaient à augmenter. En plus d’autres importations chinoises traditionnelles, comme la céramique continuaient à être importantes. Le besoin pour d’autres produits pour le marché chinois, idéalement fournis par la production industrielle britannique était urgent.

En 1793, le gouvernement britannique envoya Lord Macartney, qui avait été récemment gouverneur de Madras, en mission à Pékin. Il arriva à Canton sur un navire de 66 canons avec deux vaisseaux d’escortes et un entourage de 100 personnes. John Keay a décris la mission comme «combinant l’ambiance d’une foire commerciale avec les prétentions d’un séminaire académique et les grandes pompes d’une occasion d’état. Le choc culturel était massif; l’incompréhension mutuelle. Les chinois indiquèrent avec condescendance que en ce que les concernait, ils négotiaient avec les représentants barbares d’un état distant et tributaire. Plus tard, un participant à la mission Macartney en a dressé le bilan, «En trois mois, voici toute notre histoire ; nous entrâmes à Pékin comme des mendiants, nous y séjournâmes comme des prisonniers, nous en partîmes comme des voleurs.» Les délégations suivantes, des Pays-Bas (1794-95) et de la Russie (1805) ont aussi échoué à faire bouger Pékin. En 1816, la Grande Bretagne a envoyé une mission moins tape à l’oeil, mené par Lord William-Pitt Amherst à Pékin voir le nouvel empereur. Ce qui fut aussi sans résultat, mise à part une forte poussée d’agacement des deux cotés.

Le Meilleur des Mondes

«Heureusement», la «British East India Company» avait trouvée ce qu’elle cherchait, un produit qu’elle pouvait se procurer en Inde et qui se vendait bien en Chine: l’opium. L’opium a été longtemps un produit important dans le commerce des Portugais depuis Goa vers le sud-est asiatique. Les Hollandais avaient aussi développés des échanges importants à leur établissements en Indonésie.

Après la conquète du Bengale par Clive dans les années 1750, l’opium est devenue de plus en plus importante pour la «British East India Company». Au début, le commerce, comme celui des Portugais et Hollandais se faisait avec le sud-est asiatique. En Chine, l’usage de l’opium demeurait encore limité. Ce n’est qu’en 1729 qu’un édit de l’empereur Yougzheng s’efforça de prohiber la drogue. Le commerce de l’opium avec la Chine ne devint important qu’à la fin des années 1790. Dès la premier décennie du 19e siècle, des expéditions massives d’opium du Bengale allait apporter l’équilibre dans les échanges sino-britanniques. Des expéditions régulières d’argent vers la Chine n’était plus nécessaire En fait, la balance des paiements allait rapidement s’inverser elle-même. Le commerce de l’opium allait être décrit par un contemporain comme «probablement le plus grand commerce d’un seul produit de toute l’histoire.»

Dans l’Inde Britannique, 1/7 des revenus dérivaient du monopole de la compagnie sur la manufacture et la vente d’opium. En 1830, le vérificateur de la compagnie rapportait que «l’Inde dépendait entièrement des profits du commerce avec la Chine. Comme la Grande-Bretagne était fiscalement dépendante du thé dans la métropole, elle était aussi fiscalement dépendante de l’opium en Inde.

Ainsi, un des besoins «économiques» satisfaits par la traite des esclaves pour l’argent a été éliminé. Je crois que ceci a amélioré l’environnement économique pour l’abolition de cette traite, ne serait-ce qu’indirectement. Comme cela s’est finalement développé, le système marchait sans heurt. La «British East India Company» n’exportait pas elle-même d’opium en Chine. Ceci aurait violé la loi chinoise ; ce qui aurait été impensable, même «shocking» !. Plutôt, «l’honorable compagnie», comme elle était connue achetait l’opium des producteurs indiens, à qui elle avait précédemment avancé l’argent nécessaire à la culture et le revendait à l’encan à Calcutta pour réaliser un large profit.

Des marchands privés prenaient la relève. Ils faisaient entrer l’opium en contrebande à Canton ou ailleurs sur la côte chinoise où il la vendait contre de l’argent. La Compagnie, qui commerçait légalement et ouvertement à Canton, achetait alors cet argent contre des traites bancaires sur Londres. L’argent ainsi obtenu servait aux achats légitimes de thé et de soie. Les surplus allaient retourner en Indes pour acheter des produits industriels importés d’Angleterre. «Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.»

La Chine réagit, la Grande-Bretagne contre-réagit

Graphique: La Chine commerce d'argent net

Dès les premières décennies du 19e siècle, non seulement la Chine ne pouvait plus dépendre d’une expansion continue de la masse monétaire, mais elle faisait face à une fuite d’argent, donc une baisse de son pouvoir d’achat. Rien que de 1806 à 1809, près de sept millions de livres sterling d’argent furent envoyées de Canton en Inde. Les Chinois voyaient dans le trafic de l’opium la cause de ce transfert. Après 1806, le cours de l’argent en sapèques de cuivre saute. Le système monétaire du pays s’en trouve déréglé. Selon John King Fairbank, «L’exode de l’argent commençait à alarmer les administrateurs Qing: ils ont notés que l’argent précieux, utilisés par la populace pour acheter l’argent nécessaire aux paiements des taxes, ce qui mettaient en péril autant les revenus du gouvernement que le niveau de vie des citoyens.» Alain Peyrefitte cite les membres de l’Académie Hanlin à Pékin qui, en 1837, dénoncent ces «dix millions de taels d’argent qui sortent chaque année pour abrutir un nombre croissant de chinois»; et le vice-roi de Hubei d’avertir l’empereur, «Si Votre Majesté laisse traîner les choses, la Chine ne disposera plus, bientôt, ni de soldats pour la défendre ni d’argent pour payer leur solde.» Après 1806, le cours de l’argent en sapèques de cuivre saute.

Graphique: le prix de l'argent

Les mandarins de Pékin restaient généralement ignorant des différentes variables internationales en jeu. Le désespoir les a mené à des mesures sans précédents, comme à véritablement appliqué leur loi anti-opium. Ils ont donc envoyé le Commissaire Lin Zexu à Canton. D’un confucianisme pur et dur, il était intègre et incorruptible. Absolument rigide, il n’avait aucune compréhension de la faiblesse militaire et stratégique de son pays. C’était un homme dangereux. Il avait la ferme intention de stopper court à l’importation d’opium. Si on le laissait réussir, la situation britannique deviendrait difficile, peut être même impossible. Le marché mondial de l’argent a exacerbé les problèmes que subiraient la Grande-Bretagne si elle stoppait le commerce de l’opium et reprenait les expéditions d’argent. Le marché pour les métaux précieux, spécialement l’argent a été dérangé par le tumulte en Amérique latine. Selon l’Encyclopédie Britannica (28e édition): «L’an 1809 semble marquer une époque dans la production de ces métaux (or & argent), depuis que le début des révoltes dans les différentes dépendances espagnoles en Amérique du sud tend à diminuer l’exportation de ces pays, et une augmentation de la valeur de la monnaie fut la conséquence. Durant la période de 1809 à 1840, la valeur de l’or et de l’argent a augmenté de deux fois et demi sa valeur [durant les deux précédentes décennies].»

Si, en réalité, le prix de l’argent en terme de produits qu’ils exportaient avait augmenté de façon si importante, alors les britanniques auraient un grave problème à résoudre. Particulièrement puisque la traite transatlantique des esclaves, qui avait été une source importante d’argent pour la Grande-Bretagne, fut abolie. Tout ceci, des raisons pour enseigner à l’empire céleste une leçon en économie moderne et les bénéfices du libre-échange.! Gladstone aura beau avoir dénoncé la proposition du gouvernement, «La guerre de l’opium aura lieu.»

Bibliographie
Butel, Paul, Histoire du thé , Paris, Desjonquères, 1989.
Même L’Opium: Histoire d’une fascination, Paris, Perrin, 1995.
Dermigny, Louis, La Chine et l’Occident, le commerce à Canton au XVIIIe siècle, 1719-1833, Paris, SVEPEN, 1964.
James, Lawrence, The Rise and Fall of the British Empire. St. Martin’s Press, New York, 1995
Keay, John, The Honourable Company: A History of the English East India Company, Harper Collins, 1991.
Meyer, Charles, “En 1793, l’Anglais Macartney, est renvoyé dans son pays”, Historia, No 607, Paris, Juillet 1997.
Peyrefitte, Alain, L’Empire immobile : le choc des mondes, Paris, Fayard, 1989.
Raynal, G.T., Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les Deux-Indes, La Haye, 1770.

Notes
(1) 1ere guerre de l’opium, 1840-1842 ; 2eme guerre de l’opium, 1857-1858.
(2) Les sapèques sont des pièces de cuivre de faible valeur, en usage jadis en Extrême-Orient. Elles sont percées d’un trou carré. Mille sapèques reliées par une cordelette font une «ligature», qui vaut un tael. Le poids varie ; en 1700, une sapèque pèse 3.8 g.
(3) L’once chinoise (37.783 g). Les sommes libelléees en taels sont payables en lingots ou copeaux d’argent, sur la base de 94 centièmes de fin, systématiquement pesés.
(4) Le «cruzado» était une pièce d’or portugais ; frappé d’un crois (d’ou son nom), il pesait 3.06 grammes avec un titre de .917.
(5) La «piastre» espanole (de l’italien «piastra», lame de métal) était une pièce d’argent qui valait huit reales d’argent. A 67 reales pour un mark de Cologne de 230.0465 grammes, un real pesait 3.4335 grammes. A 8 reales, une piastre pesait donc 27.4680 grammes. La pureté était fixé à 930.555, mais Peter Kraneveld m’a indiqué qu’il doutait que les espagnols eut atteint cela au Mexique. Il suggère une moyenne de 921. Après 1728, le poids du real fut réduit à 68 par mark ou 3.3830 grammes. La piastre pesait alors quelque 27.0643 grammes.
(6) Je ne suis pas certain de la pureté de cet argent. Durant cette période, l’argent japonais avait une composante important en métal de base, soit une pureté d’à peu près .800.
(7) François Castinier, l’un des grands profiteurs du système de Law, et l’un des premiers directeurs de la Compagnie des Indes.

(note) Une factorerie (du Portugais, «feitoria») était un comptoir ou un entrepôt commercial à l’étranger.

Copyright © John Ray et ANFC 1998

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