Né en 1865, George V était le second fils d’Édouard VII. Il succéda à ce dernier en 1910 car son frère aîné était décédé depuis 1892. Son règne sera marqué par la Grande Guerre et par la création du Commonwealth. On lui reconnaît avoir modernisé la monarchie. Il allait régner jusqu’à son décès en 1936, date à laquelle son fils Édouard VIII lui succéda jusqu’à ce qu’il abdique et que le second fils de George V soit appelé au trône sous le nom de George VI.
Le règne de George V a marqué la numismatique canadienne de plusieurs façon. La création des pièces d’un cent petit format et de cinq cents en nickel sont les deux premiers exemples. Son jubilé d’argent a aussi amené la création du premier dollar en argent de circulation. Par ailleurs, la pureté de l’argent utilisé passa du sterling à 92.5% vers l’argent à 80%, pavant la voix à une monnaie qui tire sa valeur de la confiance envers l’état plutôt que par sa valeur intrinsèque.
George V fut le premier souverain dont toutes les pièces seront frappées au Canada. En effet, la Monnaie royale canadienne avait ouvert ses portes en 1908 et commencé la production de pièces canadiennes. Les différentes matrices étaient cependant toujours conçues en Angleterre.
Côté billets, on vit la fin des nombreuses émissions du Dominion et la création de la Banque du Canada et de ses billets en 1935. Par ailleurs, la circulation et l’émission des billets de banques à charte étaient encore très importantes.
Ces pièces seront émises de 1911 à 1920, sans aucune pièce rare. Il faut cependant noter un changement de légende après la première année. L’affaire des pièces «sans foi» fit réagir la monnaie. La légende de 1911 se lisait «GEORGIUS V REX et IND : IMP:» soit George V roi et empereur des Indes sans aucune référence à la grâce de Dieu comme ses prédécesseurs. Suite à des pressions du public, on changea la légende pour : «GEORGIUS V DEI GRA : REX et IND : IMP :». Ce DEI GRATIA est toujours utilisé sur nos pièces actuelles ! .
En 1920, on imita nos voisins du sud, les États-Unis par la création d’un petit cent de 19 mm, soit environ la taille de celui qu’on connaît aujourd’hui, mais d’un poids légèrement plus élevé. L’effigie du souverain est la même quoique réduite en taille. Le revers est un dessin simple qui présente le nom du pays, la dénomination et la date avec deux feuilles d’érables. Le bilinguisme était encore bien loin avec la dénomination donnée en anglais seulement. Fred Lewis est l’auteur de cette pièce dont le motif sera remplacé pour le prochain souverain, George VI. Les pièces furent émises toutes les années de 1920 à 1936, mais plusieurs pièces sont plus rares soit de 1922 à 1926 avec la plus grande rareté en 1923 et 1925 avec seulement un million de pièces frappées, ce qui est bien loin des centaines du milliard de 1989 !
En 1937, il y eut des retards dans la fabrication des matrices pour le nouveau souverain, conjugué avec la création de nouveaux types. On prit donc la décision de frapper des pièces de 1936. Pour les différencier des pièces de 1936, on ajouta un petit point sous la date. Une seule pièce pour la circulation est connue et trois spécimens. Un exemplaire a rapporté 170.000 lors de la vente aux enchères de John Jay pittman en 1997.
Les plans pour un cinq cents en nickel prirent quelque temps et n’aboutirent qu’avec les pièces de 1922. L’émission en argent de 1921 de 3 millions quelques pièces fut refondues en raison de ce changement et on croit que seulement 400 pièces ont survécu à cette refonte, créant ainsi une pièce fort rare. Chacune de ces pièces vaut quelques milliers de dollars suivant son état de conservation.
W.J. Blakemore créa la nouvelle pièce avec un motif simple, s’apparentant à la pièce d’un cent. On y voit le mot CANADA en gros avec «FIVE 5 CENTS», deux feuilles d’érables et la date.
Des pièces furent frappées à toutes les années de 1922 à 1936 avec une seule véritable pièce rare et une variété. La pièce de 1925 ne fut frappée qu’à 200.000 exemplaires devenant fort rare. Deux variétés sont connues pour 1926 soit le 6 proche et le 6 loin, cette dernière étant assez rare alors que la première est moins courant que la plupart des années. On distingue les deux pièces par la position du 6 de la date par rapport à la feuille d’érable qui est à côté.
Le format du 10 cents n’allait pas changer et son motif était le même que sous Édouard VII. En fait, bien peu d’histoires vont se créer autour de cette pièce outre le changement de légende et le changement de pureté en 1921. Des pièces seront frappées de 1911 à 1921 et de 1928 à 1936 avec aucune rareté. Néanmoins, quelques pièces sont moins courantes comme les 1915, 1933, 1934 et 1935 avec moins d’un million de pièces frappées.
La seule variété fut créée en 1913 avec un modeste changement dans le feuillage. Les pièces de 1911 à 1912 sont connues comme ayant de larges feuilles alors que de 1914 à la fin du règne, elles auront de petites feuilles. Les deux types furent frappés en 1913 et c’est la variété aux feuilles larges qui est très rare.
La pièce de 10 cents de George V fut aussi frappée en 1937 et comme celle d’un cent, on ajouta un petit point sous la date pour noter cette frappe différente. On connaît quatre pièces toutes des spécimens. La pièce de Pittman a rapporté 185.000$ aux enchères en 1997.
L’année 1937 vit aussi une pièce 1936 avec un point, mais cette fois-ci la pièce produite sera plus courante que les autres pièces 1936 à point avec une frappe de 153.322 pièces. Sans être courante, cette pièce se trouve régulièrement sur le marché et on peut s’en procurer un exemplaire circulé sans se ruiner.
La pièce de 50 cents ne fut pas frappée régulièrement et souvent en petite quantité. Il faut comprendre que 50 cents représentaient aussi une belle somme à l’époque, ce qui explique que plusieurs exemplaires sont bien conservés malgré les petites frappes.
On frappa de ces pièces de 1911 à 1921, puis on reprit en 1929, 1931, 1932, 1934 et 1936. Les dernières années présentent des frappes d’environ 50.000 exemplaires. Des pièces 1920 et 1921 furent fondues en 1929 en raison du changement dans la pureté de l’argent. Les pièces de 1914 et des années 30 ne sont pas courantes alors que l’on ne connaît qu’environ 75 pièces de 1921 commandant ainsi un prix dans les dizaines de milliers de dollars.
Le projet fut mis sur la glace et ce n’est qu’en 1935 qu’il fut réalisé avec un dollar pour le 25e anniversaire du règne de George V en 1935. On y retrouve le célèbre dessin des voyageurs, soit un trappeur et un indien en canoë devant une île qui porte un sapin. La légende indique la commémoration. Une pièce avec la légende régulière fut émise en 1936. Ces deux pièces ne sont pas rares.
Le Canada a aussi eut sa monnaie d’or comme les États-Unis. De 1912 à 1914, on frappa des pièces de 5 et 10 dollars et on avait aussi prévu des pièces de 2,5 et 20 dollars. Ces pièces présentent l’avers du souverain alors que le revers montre les armoiries du Canada à l’époque sur du feuillage avec la légende «CANADA FIVE / TEN DOLLARS». Toutes ces pièces sont courantes et ne sont chères qu’en raison de leur contenu en or. Un collectionneur ne devrait pas avoir de problème en s’en procurer.
Ce billet portait les portraits de Lord Gray et son épouse au centre. Ce personnage, qui a donné son nom à la coupe de football, était gouverneur-général du Canada, poste qu’il a occupé de 1904 à 1911. Le revers présente l’édifice du centre du Parlement canadien.
Un billet qui a marqué l’histoire numismatique canadienne fut émis en 1912 sous George V. Le billet de 5 dollars 1912 est aujourd’hui fort recherché, peut être en raison du thème, soit le chemin de fer. Il s’agit du seul billet du règne qui ne présente pas un personnage humain réel ou fictif. Le billet bleu fut émis durant quelques années. À nouveau, on retrouve un gouverneur-général sur un billet, soit le 2 dollars 1914. Cette fois-ci, il s’agit du Duc de Connaught, le troisième fils de la reine Victoria et son épouse.
Un autre billet de 1 dollar fut émis en 1923. Plutôt que l’édifice du centre, on voit cette fois-ci la bibliothèque du parlement. Le billet vert porte un portrait de George V à l’avers. On peut se poser la question pour qu’il y eut tant de billets de 1 dollar en comparaison des billets de valeur plus élevés. La raison est fort simple, cette dénomination est réservée au gouvernement alors que les banques à charte ne pouvaient qu’émettre des billets de 5 dollars ou plus.
Le troisième billet qui fut produit est un deux dollars à l’effigie du Prince de Galles, le futur Édouard VIII, puis duc de Windsor. Le verso du billet, quant à lui, montre les armoiries du Canada.
En regard aux billets, l’objectif fut de retirer les billets du Dominion et les remplacer par des billets de la Banque du Canada. Les banques à charte durent réduire la quantité de leurs billets en circulation, privilège qui sera retiré sous le règne de George VI.
Une série de billet sera émise avec les dénominations de 1, 2, 5, 10, 20, 50, 100, 500 et 1000 dollars. Les personnages présentés sont respectivement : George V, la reine Mary, le futur Edouard VIII (Prince de Galles), la princesse Mary, la princesse Élizabeth (future reine), le prince Albert (futur George VI), le prince Henry duc de Gloucester, John A. MacDonald et Wilfrid Laurier.
Le verso présente différentes allégories soit : Agriculture, Transport, Électricité, Récolte, Agriculture, Inventions modernes, Commerce et industrie, Fertilité ainsi que la Sécurité.
Un billet commémoratif de 25 dollars fut émis pour le 25e anniversaire du règne. Ce beau billet pourpre porte les effigies conjointes du souverain et de la reine. Le verso montre une vue du château de Windsor, une des résidences royales.
Voilà donc ce qui fait le tour de la numismatique émise sous le roi George V. Beaucoup de matériel pour ce règne de 27 ans.
Copyright © Dominic Labbé 1999