Si le numismate du tournant du siècle le plus célèbre est Pierre Napoléon en raison de ses ouvrages et, surtout, de son système de numérotation des jetons coloniaux, il y en a eu bien d'autres. En effet, le Canada a connu les Alfred Sandham, Joseph Leroux et R.W. McLachlan qui à leur façon ont donné naissance à notre numismatique.
Néanmoins, celui qui à le plus contribué au domaine des jetons coloniaux est certes le docteur Eugène Courteau. Ce médecin montréalais a laissé aussi un système de numérotation adapté à l'identification des variétés des plus importantes séries coloniales.
Lorsque l'on consulte les différents articles et livrets écrits par Courteau, on ne peut qu'être en admiration devant son travail. Patiemment, il a étudié des quantités de pièces, notant les détails de chacune. Peu de choses lui ont échappé, si l'on considère que très peu de variétés ont été découvertes depuis son époque. Même les pièces les plus rares lui sont passés entre les mains.
La premier article de Courteau fut consacré aux jetons "buste et harpe" et The Numismatist le publia en 1908. Le journal de l'A.N.A qui consacrait alors bien de l'espace à la numismatique coloniale. Suivirent bien d'autres articles dans les pages du journal auojourd'hui centenaire, mais aussi sous forme de livrets pour les séries les plus importantes en quantité de variétés comme les "sous habitants" ou les jetons de la banque du Haut-Canada.
La liste des sujets couverts comprend 12 thèmes, soit, en ordre alphabétique: "buste et harpe", jetons non-locaux, jetons de la Banque de Montréal, jetons de la Banque du Haut-Canada, jetons de la Nouvelle-Écosse, jetons de l'Ile-du-Prince-Édouard, jetons du Nouveau-Brunswick, jetons Tiffin, jetons Wellington, "sous bouquets" et sous "habitants" du Bas-Canada, le tout sur une période couvrant de 1908 à 1934. Les livrets sont généralement bilingues.
Pour le numismate qui désire se procurer ses ouvrages, il faut se procurer les vieux exemplaires du Numismatist ou les livrets originaux, qui se trouvent, mais souvent à bon prix. On peut aussi se procurer des photocopies de ces ouvrages. En fait, un travail de recherche qui peut être assez long. La bibliothèque de l'A.C.N., possède certains de ses ouvrages, lors que la Bibliothèque de l'Université Laval renferme les Numismatist de 1907 à la deuxième guerre mondiale.
Dans le cas de séries comme les jetons "buste et harpe" ou Tiffin, les variétés sont bien différentes les unes des autres en raison des moyens primitifs de production et sont aujourd'hui collectionnées comme telles. Cependant, des pièces produites par des ateliers ayant des meilleurs moyens techniques ont de multiples variantes mineures, souvent des petites différences dans le lettrage, comme les sous habitants et ne sont pas collectionnées par variétés Courteau.
Quelques séries ne furent pas couvertes par Courteau, mais l'ont été par d'autres numismates. Howland Wood a commis un article sur les jetons de forgeron en 1910 alors que R.W. McLachlan a écrit sur les jetons du Haut-Canada en 1915. Enfin, W.A.D. Lees a détaillé les jetons Ships, Colonies and Commerce par un article en 1917. Courteau n'a sûrement pas voulu être redondant et il a évité ces séries.
Un seul sujet a échappé à ces pionniers de la recherche numismatique, les jetons de marchands du Bas-Canada. Cette série recèle sûrement de nombreuses variétés, lesquelles restent toujours à être identifiées. Peut-être qu'un brave attaquera ce sujet un jour et, tel Eugène Courteau, examinera à la loupe des centaines de pièces, notant les petits détails qui différencient deux pièces provenant de matrices différentes.
La collection par variétés est très populaire pour certaines séries et ajoute un défi à une collection déjà bien intéressante, celle des jetons coloniaux canadiens.
Copyright © Dominic Labbé et ANFC 1998