Connaissez-vous Macao? Il s’agit de l’ultime parcelle de sol chinois encore sous influence étrangère. Mais la rétrocession de cette colonie portugaise à la Chine est un événement programmé de longue date et qui s’annonce sans heurts.
Macao (Macau en portugais) est située à 60 kilomètres au sud-ouest de Hong Kong, les deux cités étant séparées par l’estuaire du fleuve Si-Kiang. Il s’agit en fait d’une ville en trois éléments:
Macao est le plus ancien comptoir européen en Chine: le territoire fut donné au Portugal en 1557 pour l’aide apportée à l’Empire du Milieu dans la lutte contre la piraterie. Plaque tournante du commerce d’Extrême-Orient jusqu’au début du XIX° siècle, le comptoir connaît un net déclin lorsque la Chine ouvre d’autres ports aux étrangers.
Juridiquement, Macao est un territoire chinois sous administration portugaise régie par le statut organique de 1976 révisé en 1990. Son gouverneur est désigné par le président de la République portugais après consultation des autorités locales. Pour l’anecdote, dès 1974 le Portugal avait cherché à rendre Macao à la Chine, qui refusa, craignant qu’une rétrocession n’ait de fâcheuses répercussions sur la santé financière de Hong Kong! Un accord est finalement intervenu en 1987: Macao reviendra à la Chine sous un régime d’administration spéciale le 20 décembre 1999.
L’originalité économique de Macao réside dans le maintien d’une importante activité industrielle, où dominent les secteurs traditionnels: le textile et le travail du cuir y viennent avant l’électronique grand public et les jouets. Citons encore comme spécialité les articles pyrotechniques (pétards et feux d’artifice) exportés dans le monde entier.
La Chine a profité de l’effet d’entraînement de Macao en installant à sa frontière la Zone Economique Spéciale de Zhuhai dès 1980. Aujourd’hui, cet «arrière-pays» compte 1 million d’habitants et sa production industrielle égale celle de Macao, dont l’intégration économique à la Chine apparaît ainsi acquise.
Si Macao n’a pas développé une économie de services avec les fonctions commerciales et financières de son voisin hongkongais, le territoire a su prospérer dans l’ombre de celui-ci grâce au tourisme; sur les 8,1 millions de visiteurs enregistrés en 1996, 5,2 millions venaient de Hong Kong par hydroglisseur (1 heure de trajet) y dépenser leur argent. Car Macao, c’est aussi l’enfer du jeu: 9 casinos, les courses de chevaux et de lévriers. Mais ce secteur très sensible risque de faire les frais de la récession découlant de la crise financière qui ébranle le sud-est asiatique depuis l’été 1997.
La monnaie de Macao est la pataca, divisée en 100 avos, pataca étant le nom donné jadis par les Portugais à la piastre espagnole. Au change, la valeur de la pataca se situe entre 0,17 et 0,19 dollar canadien.
Les premières émissions spécifiques à Macao datent de 1905 pour le papier-monnaie et de 1952 pour la monnaie métallique. Circulent actuellement des pièces de 10, 20, 50 avos, 1 et 5 patacas, ainsi que des billets de 10, 50, 100, 500 et 1.000 patacas. En 1995, la succursale de la Banque de Chine à Macao (Banco da China) a commencé l’émission de billets libellés en patacas, qui circulent conjointement avec ceux de la Banco Nacional Ultramarino. Enfin, les billets des banques hongkongaises (Standard Chartered Bank, Hong Kong and Shanghai Banking Corporation et Bank of China) ont aussi cours à Macao.
Macao n’a pas échappé à la mode des monnaies commémoratives. Depuis 1974, il en a été consacré aux grands travaux (pont reliant Macao à Taïpa, aéroport international), à la visite du président de la République portugaise, et surtout au grand prix automobile de Macao (lequel est aussi évoqué par une surcharge sur un billet). Parmi ces dernières, l’émission du 25° anniversaire en 1978 a sa petite histoire: les inscriptions publicitaires décorant la voiture de formule 1 au revers des pièces ayant fait l’objet de réclamations après la mise sur le marché des premiers exemplaires, il fallut graver de nouveaux coins sans publicités. Cette émission contestée est assez recherchée par les amateurs.
Enfin, Macao a lancé en 1979 une série de monnaies illustrant le calendrier chinois, organisé en cycles de 12 années, chaque année ayant un animal emblématique. Une monnaie consacrée à l’année du porc (1995) a d’ailleurs été présentée dernièrement dans Le numismate.
En numismatique, Macao occupe une place très modeste, mais ses émissions peuvent trouver une place dans diverses thématiques plus vastes. Outre les collections classiques consacrées au Portugal et ses dépendances, à la Chine, à l’époque «coloniale» ou à l’Extrême-Orient, citons encore comme sujets que Macao peut aider à développer: l’automobile ou le sport, les animaux, les bateaux, les micro-Etats, et bientôt les Etats disparus.
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