Les événements monétaires de 1937 allaient prendre leur source en 1936 avec le décès du roi Georges V le 20 janvier 1936. Son fils aîné lui succédait sous le nom d’Édward VIII. Après quelques mois de règne, il voulut épouser une divorcée, Mrs Wallis Simpson. Des pressions du gouvernement conservateur lui firent faire un choix entre l’amour et la couronne. Il abdiqua donc le 11 décembre 1936. Immédiatement, son frère fut nommé roi et couronné sous le nom de Georges VI.
Dès le début de 1936, la monnaie britannique se mit à la tâche pour fabriquer les matrices à l’effigie d’Édward VIII pour la monnaie anglaise, mais aussi pour nombre de pays du Commonwealth qui s’approvisionaient là. La Monnaie Royale Canadienne frappait alors ses propres pièces, mais les matrices venaient de Londres à cette époque. Thomas Shingles allait faire la première matrice canadienne quelques années plus tard, le 5 cents de la Victoire en 1943.
La Monnaie avait toute l’année pour faire ces matrices en raison de la coutume qui fait que le souverain britannique n’apparaît sur la monnaie que l’année suivant son accession au trône. On réalisa donc la matrice et quelques pièces d’essaies furent frappées, dont le 3 pence britannique. Cependant aucune pièce canadienne n’est connue et seul un moule en plâtre a été recensé. Rompant avec la tradition, le profil du roi était le même que son successeur en raison du désir d’Édward VIII trouvant son côté gauche plus beau. L’abdication allait éviter qu’une tradition plus que centenaire soit brisée.
![]() | L’abdication se produisit à un mauvais moment, quelques jours plus tard et la monnaie aurait eu toute l’année 1937 pour faire les matrices pour Georges VI. La Monnaie Royale Canadienne dut donc frappée des pièces pour satisfaire la demande en début de 1937. On n’avait pas les matrices de 1937 et on voulait marquer une différence avec 1936. On frappa donc des pièces avec un point sous la date. Les frappes pour ces pièces furent petites en raison de la disponibilité des matrice avec Georges VI tôt dans l’année. On frappa alors des pièces régulières avec la date "1937". Parallèlement à ces changements de souverain, le Canada comme bien d’autres pays d’influence britannique, en profita pour refaire le dessin des pièces. On allait donc voir naître les pièces de 1, 5, 10, 25 et 50 cents que l’on connaît aujourd’hui. En raison du débordement de la Monnaie Britannique, on fit appel à la Monnaie de Paris pour préparer les matrices du revers. Les matrices furent reçues pour le 14 mai, soit deux jours avant la cérémonie du couronnement de Georges VI. La jeune Banque du Canada refit une nouvelle série de billets, la dernière de grand format avec l’effigie du nouveau roi reprise de la série de 1935 où il n’était que prince. Il allait s’agir de la première série de billets bilingues de la Banque du Canada. L’année 1937 présente donc un intérêt important pour une collection thématique en raison des péripéties qui allait la marquer |
Sources:
Pièces à l’appui, James Haxby, MRC
Standard Catalogue of Canadian coins, Charlton Press