Télécoms : vers quoi allons-nous ?

Télécoms : vers quoi allons-nous ?


M. Jean Monty
Les tables rondes

Le 29 octobre 1997, le Centre d'études en administration internationale de l'École des Hautes Études Commerciales (CETAI) organisait une conférence intitulée : Le secteur des télécommunications sous l'empire du changement.

Inaugurée par le premier discours public de M. Jean Monty, nouveau pdg du holding BCE - propriétaire notamment de Bell et Northern Telecom -, la conférence réunissait plusieurs panels composés de dirigeants des entreprises qui aujourd'hui sont les principaux joueurs de cette industrie en mutation.

D'une part, la déréglementation, qui a déjà changé les règles du jeu dans les appels interurbains, s'implantera d'ici peu dans la téléphonie locale. Bell et les autres entreprises sont à peaufiner leur stratégie pour survivre dans un contexte de guerre féroce des prix, une guerre dont les retombées ne seront pas nécessairement à l'avantage du consommateur individuel, vous et moi.

La téléphonie sans fil est, d'autre part, un secteur en pleine croissance. Les gagnants et les perdants - en terme de parts de marché - se décident actuellement. Toutes les entreprises dans la course investissent des centaines de millions de dollars pour constituer leur réseau ou établir des alliances stratégiques en ce sens. Entre Fido, Amigo, Mike et les autres, le coeur et le portefeuille du consommateur se balancent.

Puis, il y a la fameuse convergence entre les transporteurs : téléphone et câble d'abord mais aussi propriétaire d'infrastructures d'utilité publique comme Hydro-Québec et téléphonie. Dans toutes les maisons du Québec, les câbles d'Hydro sont présents. Le défi : comment les utiliser pour y transporter autre chose que de l'électricité, des bits d'information par exemple, et ce à des débits rapides. Les ingénieurs sont sur leurs planches à dessin depuis quelques années déjà.

M. Jean Monty

C'est donc dans ce contexte que se tenait la conférence du CETAI. D'entrée de jeu, M. Jean Monty a indiqué son intention de ne pas laisser tomber le mouton noir (ndlr l'expression est de nous) du Groupe BCE c'est-à-dire Bell Canada. Après avoir rappelé que BCE est la dernière entreprise intégrée de télécommunications au monde, il a dit espérer la maintenir ainsi.

Le défi du gestionnaire, dans un contexte de grands changements comme celui qui existe actuellement, est de faire effectuer un virage aux anciennes activités d'une entreprise tout en ayant les yeux tournés vers demain. Il a cité notamment le cas d'Internet et du commerce électronique qui en sont à leurs balbutiements. Ce défi est de taille : comment en effet réussir à transformer le coeur des activités d'une entreprise en conservant la rentabilité de l'organisation ?

La rapidité de transmission de l'information suit une courbe exponentielle. Il rappelle que le réseau actuel transporte 40 milliards de bytes à la seconde; en 1998, ce sera 80 milliards et d'ici la fin du siècle, presque 160 milliards de bytes à la seconde. Et cela à cause de la combinaison télécommunications/informatique.

M. Jean Monty met donc l'accent sur le développement de valeur ajoutée et de services. Le consommateur sera rejoint chez lui grâce à une technologie performante et abordable sur le plan des coûts.

Il a conclu son exposé en rappelant que le changement que nous vivons ici est un phénomène mondial et que le gestionnaire des télécommunications pense aujourd'hui en terme de réseau mondial.

Les tables rondes

La première table ronde réunissait des fabricants d'équipement : Ericcson, Look-Télé et Inno-Centre. Parmi les points intéressants, notons :

La deuxième table ronde donnait la parole aux fournisseurs de téléphonie, mobile ou non : Microcell, Fonorola, Bell. Parmi les points intéressants, notons :

L'après-midi était consacré aux fabricants de logiciels et aux concepteurs de contenus. La première table ronde réunissait Alis Technologie, Internet-Microtec et Cisco Systems. Notons des échanges :

La dernière table ronde réunissait des concepteurs de contenus, ceux qui permettent en fait à tous les systèmes décrits et élaborés tout au long de cette de journée de ne pas tourner à vide. Il est d'ailleurs assez paradoxal qu'alors que tous les intervenants notaient l'importance des contenus, les échanges sur cette question ont été relégués à la toute fin de la journée...Étaient donc réunis Cédérom-SNI, Jazz et Public Technologies Multimédias. Quoiqu'il en soit, notons de ces échanges :

Une journée donc fort enrichissante dont l'objectif était de cerner les enjeux et les défis des télécommunications vus sous différents angles.



Monique Dumont
Éditrice
Décembre 1997



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