Nous avons déjà parlé sur MétaFuturs du Dr. Richard Seed, ce médecin de
Boston favorable aux techniques de clonage humain.
Voici que le Dr Seed fait à nouveau les manchettes des journaux
américains puisqu'il vient de se porter volontaire pour tester
sur lui-même le clonage et ce avec l'aide de sa femme qui
devient son assistante dans cette aventure qui semble une
première mondiale. L'entrevue avec le Dr Seed est publiée dans
l'édition du 6 septembre dernier du quotidien Boston Globe.
Le Dr Seed fait ainsi fi d'un avertissement lancé plus tôt
cette année par la Federal Drug and Administration, l'agence
américaine chargée de surveiller les expériences médicales et
pharmaceutiques aux États-Unis, à la communauté scientifique
de bannir toute tentative de cloner un être humain.
La question du clonage humain fait d'ailleurs l'objet aux
États-Unis de nombreuses publications récentes comme si la
question n'en était déjà plus une de spéculation mais bien
une réalité encore cachée. Le site du libraire électronique Amazon liste une vingtaine de
titres sur la question notamment les trois suivants :
The Ethics of Human Cloning par Leon R. Kass et James Q.
Wilson
The Human Body Shop : The Cloning, Engineering, and Marketing
of Life par Andrew Kimbrell et Bernard Nathanson
Child versus Childmaker : Future Persons and Present Duties in
Ethics and the Law par Melinda A. Roberts.
Il n'y a certes pas consensus sur la question du clonage dans la
communauté scientifique. Récemment, la Suisse a eu à se
prononcer par référendum sur la question de la génétique, une
question que l'on sait intimement liée au clonage. Les prix Nobel Suisse se
sont alors regroupés contre l'initiative pour la protection
génétique invoquant que son acceptation compromettrait et nous
citons :
l'espoir des patients
la recherche en Suisse
la compétitivité internationale de l'économie suisse
les chances d'innover qui s'offrent à de nombreuses PME
les nouvelles étapes à franchir vers une agriculture plus
écologique
Il n'est pas étonnant que trois des cinq arguments soit d'abord
économique. Comme l'explique Jeremy Rifkin dans son ouvrage
récent intitulé Le siècle biotech : le commerce des gènes
dans le meilleur des mondes (Boréal), le XXIe siècle sera
le siècle des biotechnologies car nous sommes à la fin de
l'ère industrielle et un nouveau paradigme est à se mettre en
place. Quelle en sera l'influence sur l'espèce humaine ?
MétaFuturs reviendra sur cet ouvrage de Jeremy Rifkin.
Nul doute cependant qu'une initiative publicisée comme celle du
Dr Seed entrouvre de nouvelles portes et que les risques de
dérapage auront tendance à se multiplier (choix du sexe de son
enfant, commerce de gènes, etc.).
Monique Dumont
Septembre 1998