Dolly, Polly, Gene et les autres...


Après la brebis cloné Dolly qui a créé une véritable "Dollymania", voici qu'est née le 9 juillet dernier Polly, une brebis qui possède un gène de plus, un gène humain. Les chercheurs ont en effet pour la première fois combiné la technique du clonage, à partir de cellules d'embryon, et celle de la transgénie.

Puis, après Polly, c'est au tour de Gene, le premier veau cloné, présenté comme la promesse "d'une amélioration de la qualité de la viande et de l'alimentation" grâce à la reproduction d'un nombre illimité de cellules congelées et conservées.

En quelques semaines donc, voilà qu'est relancée l'épineuse question de l'éthique du clonage, de ses conséquences non seulement sur les animaux mais aussi sur l'humain. Il faut se rappeler que le président américain Bill Clinton avait mis un holà aux subventions de l'État fédéral destinés à de la recherche portant sur le clonage humain. Puis, lors du sommet du Colorado ou se réunissaient les 8 grands (incluant la Russie), les pays participants avaient décidé de coopérer afin d'interdire le clonage humain en vue de concevoir artificiellement des bébés.

Mais voilà que l'Institut Roslin vient de remettre le clonage au premier rang de l'actualité. L'Institut Roslin est situé en Écosse et est un institut de recherche pure. Dans cette affaire, elle s'est associée à une entreprise privée, ABS Global pour commercialiser le clonage animal et transgénique (animal/humain).

Le directeur de la recherche de ABS Global déclarait que l'entreprise était suffisamment avancé - après plus de dix ans de recherche - pour commercialiser son produit et créer une entreprise consacrée à cette commercialisation, Infigen inc.

Lors de l'annonce de la naissance du veau Gene, le professeur Michael Bishop, responsable de la recherche chez ABS Global, déclarait : we can make an unlimited number of cells, freeze them for any amount of time, then thaw them and make identical animals possessing a desire trait.

La percée scientifique est présentée comme un événement majeur pour l'alimentation, la médecine - l'on pourra créer des réserves d'organes à partir d'animaux proches des humains comme le porc par exemple -, la pharmacologie, etc.

La rapidité avec laquelle se sont multipliées les annonces depuis la brebis Dolly laisse songeur sur la réalité du moratoire déclaré sur le clonage, notamment sur le clonage humain. De réelles questions éthiques et de société sont posées par ces développements.

Monique Dumont
Août 1997



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