Montréal était l'hôte, du 21 au 25 mai 1996, de Productions 96. Organisée sous le thème de "La République de l'information", la conférence accueillait aussi le congrès de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec .
Les conférenciers d'ici, des États-Unis et d'Europe ont abordé différentes facettes de la société de l'information de demain. La ministre Louise Beaudoin a confirmé le virage contenu de son gouvernement en ce qui touche l'autoroute de l'information. Chose certaine, la prochaine consultation sur les enjeux du développement de l'inforoute québécoise sera déterminante à cet égard.
En toute franchise, les conférences et les table-rondes qui ont suivi nous ont laissés plus souvent qu'autrement avec davantage de questions que de réponses. Ce qui est fort bien et aiguise l'esprit.
Signalons notamment comme sujets de réflexion :
la démocratie directe, présentée par le Dr. Theodore L. Becker de l'Université Auburn (Alabame), vice-président de Electronic Town Meeting Company: le citoyen branché pourra sous peu élire ses représentants et se tenir au fait des politiques de sa ville, de son état et de son gouvernement central en naviguant sur les inforoutes
les stratégies des entreprises qui s'affrontent sur les nouveaux territoires virtuels : toutes prennent d'immenses risques et cherchent à rentabiliser leurs investissements. Charles Goldfinger, directeur de Global Electronic Finance s'est interrogé sur les défis de l'immatériel et la table-ronde qui a suivi (dont faisait partie Monique Charbonneau du Cefrio et Richard Carter, Banque Nationale) a tenté d'identifier les retombées de l'autoroute de l'information.
Le télétravail est l'un de ces phénomènes nouveaux qui transforment le marché du travail. À l'ère du post-salariat - titre de la table-ronde qui a suivi la conférence de Denis Ettigopher d'Eurotechnopolis Institut - il semble que la "survie" du travailleur repose essentiellement sur son dynamisme et sa formation multidisciplinaire. Quant aux marginaux et aux inégalités de l'informatisation, on en a bien parlé mais pas de solutions à l'horizon.
Le congrès de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec a été l'occasion de questionner la profession et de s'interroger sur son avenir. D'abord, parce que l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (Université de Montréal) proposera un tout nouveau programme de formation en septembre 1997. Ensuite, parce que la Corporation est à compléter un exercice de planification stratégique. Le bibliothécaire est-il une espèce en voie de disparition ? Doit-on dorénavant parler de cybérothécaire? Comme bien des professions à l'aube du IIIe millénaire, les bibiliothécaires se cherchent alors que les défis sont nombreux (intégration des nouvelles technologies, contraintes budgétaires, nouvelles clientèles, etc.).
En somme, une conférence stimulante pour l'esprit. Suggestion aux organisateurs: le compte-rendu des conférences et des table-rondes devrait être rendu accessible à tous les internautes.
La rédaction
Date: 7 juin 1996
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