La perspective du développement durable suppose une approche la plus intégrée possible dans la gestion des ressources, en se préoccupant des besoins futurs lors des décisions et du choix des actions.
Le MEF identifie huit (8) champs d'intervention:
La conservation de la biodiversité c'est-à-dire la diversité au sein des espèces, entre les espèces et au sein des écosystèmes est une préoccupation planétaire depuis la Convention sur la diversité biologique de 1992 à laquelle le Québec a adhéré.
L'enjeu: Assurer la conservation de la diversité biologique par l'adoption et la réalisation de la "Stratégie de mise en oeuvre au Québec de la Convention sur la diversité biologique".
Le Ministère constate que l'utilisation de la faune est particulièrement intensive à proximité des zones habitées; certaines espèces connaissent même des difficultés. Il estime être mal informé sur plus de la moitié des espèces de vertébrés. Lorsque les espèces se trouvent dans une situation préoccupante, c'est en raison de la dégradation de leurs milieux de vie. Sur les terres privées, les habitats fauniques ne bénéficient pour l'instant d'aucune mesure légale de protection.
La gestion actuelle de la faune laisse aussi à désirer : répartition inefficace des agents sur le territoire; résultats mitigés obtenus par les partenaires en protection de la faune; les pratiques illégales ont le vent dans les voiles faute de méthodes et d'outils efficaces; la lourdeur judiciaire et administrative est une entrave au traitement des dossiers d'infraction.
L'enjeu: mettre en oeuvre la "Politique sur la faune" et les recommandations de la "réflexion stratégique du Service de la conservation de la faune". Ce qui signifie en termes d'orientation : protéger les espèces menacées et les habitats fauniques; favoriser le partenariat; miser sur l'éducation et maintenir, sinon augmenter, la recherche et l'acquisition des connaissances.
Le Ministère distingue les eaux de surface, les eaux souterraines et les eaux destinées à la consommation.
Les eaux de surface, même si elles sont abondantes, sont relativement dégradées dans les régions où la population est concentrée, là aussi où l'urbanisation, l'industrialisation et les activités agricoles ont fait leur oeuvre et détériorié la qualité des eaux.
La pollution agricole est à l'origine d'une dégradation significative de la qualité de l'eau à cause de l'intensification des pratiques d'élevage (ex. élevage porcin), de la monoculture et des pratiques de drainage.
Préoccupante aussi est la pollution diffuse d'origine agricole (fertilisants et pesticides) en ce qui touche les eaux souterraines. Il faut aussi mettre en cause des pratiques (ex. champs d'épuration de déchets domestiques) qui ne tiennent pas compte de la vulnérabilité de ces eaux et résultent en pollutions ponctuelles coûteuses et difficiles à corriger.
Le Ministère constate que la situation dans les petites municipalités peut être préoccupante pour la santé humaine (ex. contamination bactériologique, présence de substances organiques et de pesticides ainsi que de plomb).
L'enjeu: mener une réflexion stratégique globale sur la ressource eau, sa gestion, sa conservation et ses usages en vue de doter éventuellement le Québec d'une politique globale de gestion de l'eau et d'en assurer la mise en oeuvre.
La gestion des matières résiduelles
Une matière résiduelle est définie comme une matière qui reste après fabrication, transformation ou usage d'un produit alors qu'un déchet est défini comme étant une substance ou un matériau rejeté et qui ne possède plus aucune valeur.
Si le Ministère constate des progrès en matière de réduction et de valorisation des déchets solides, les objectifs n'ont pas été atteints. Les industries, commerces et institutions devront consacrer des efforts importants dans les prochaines années afin de s'acquitter de leurs responsabilités. Et la gestion des lieux d'élimination doit être améliorée.
En matière de déchets dangereux, les industries n'ont pas encore pris leurs responsabilités: les activités sont ici marginales. Il faut aussi décontaminer et restaurer les lieux d'élimination et les terrains.
L'enjeu: le défi est de taille: faire en sorte que la quantité de matières résiduelles produites soit diminuée de 50% et s'assurer que l'élimination des déchets soit sécuritaire pour la population et les écosystèmes.
La réduction de la pollution provenant des grands secteurs d'activité
La pollution agricole est la plus préoccupante par son intensité et sa complexité (rejets de phosphore et d'azote, fumiers, pratiques de culture, pesticide, smog).
En milieu urbain et industriel, le Ministère constate de nettes améliorations en matière de traitement des eaux usées. Il est concerné par les polluants atmosphériques conventionnels et le smog et constate le rôle déterminant du transport transfrontière des polluants.
L'enjeu: développer une approche intégrée (eau-air-sol-déchets) dans la poursuite des objectifs de réduction de la pollution et améliorer les mécanismes de prévention (évaluation environnementale et système d'autorisation).
La réduction de la pollution atmosphérique
Le Ministère est concerné par les pluies acides et le smog urbain.
L'enjeu: mener une réflexion stratégique globale sur la qualité de l'atmosphère.
L'utilisation durable du territoire et des ressources
Le Ministère constate la dégradation de plusieurs habitats faute d'une gestion intégrée des interventions. Il note par contre certains changements de mentalités et de perceptions qui le rendent optimiste.
L'enjeu: se faire le promoteur du développement durable et de la gestion intégrée des ressources .
Le réseau des réserves écologiques s'inscrit dans un mouvement mondial de conservation des écosystèmes.
L'enjeu: poursuivre le développement du réseau des réserves écologiques.
Les parcs, quant à eux, sont des aires protégées qui doivent protéger de façon permanente des territoires du Québec. Le Ministère a déjà recours au secteur privé afin de gérer ses parcs. Il souhaite développer ce partenariat.
L'enjeu: poursuivre le développement du réseau des parcs québécois et favoriser une plus grande mise en valeur de ces territoires.
Un dernier enjeu est mentionné au document du Ministère: les interventions en milieu autochtone.
L'enjeu: poursuivre le dialogue avec les nations autochtones pour mettre en commun des ressources et des expertises, leur déléguer des responsabilités et harmoniser les activités des autochtones et des non-autochtones.
Date: 3 mai 1996
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