Quand la tempête de glace frappe !


5 janvier 1998 : la tempête de glace frappe le Québec, l'est de l'Ontario ainsi que certains états américains.

Hydro-Québec, l'entreprise d'État responsable d'alimenter le Québec en électricité - plus de 80 pourcent des résidences québécoises sont dépendantes de l'électricité pour se chauffer - voit avec horreur ses pylones s'effondrer, ses lignes se glacer et la noirceur s'abattre sur la ville de Montréal et surtout la Montérégie, une région aux nombreuses et prospères activités économiques et agricoles.

Près de 3 millions de Québécois - quasi la moitié de la population - est sans électricité. La crise est d'une ampleur jusque-là difficilement concevable et les ressources se mettent en place pour subvenir aux besoins primaires de la population. Les maires des municipalités touchées sont sur la première ligne de front.

Au fur et à mesure des jours et des semaines qui se suivent, la solidarité s'installe tandis que les questionnements sont remis à plus tard. Si tous les regards sont tournés vers l'un des postes de distribution stratégiques, le poste de Saint-Césaire, il faut aussi se demander ce qui serait arrivé si le poste de Duvernay, qui reçoit les lignes de transport en provenance de la Grande et de la Baie James, avait flanché !

Black-out à coup sûr dans la grande région de Montréal car alors c'est la totalité de la ceinture énergétique l'entourant qui aurait été frappée par la catastrophe. Le pdg d'Hydro-Québec a pu certainement tester sa résistance au stress et la solidité de son coeur...

Cet événement illustre en particulier le rôle des gouvernements dans l'exercice d'une de leurs fonctions essentielles : la sécurité de leurs citoyens. C'est un thème sur lequel MétaFuturs reviendra bientôt dans sa revue de l'année 1997 des événements porteurs, précurseurs d'avenir.

Le premier ministre Lucien Bouchard a annoncé d'ailleurs la tenue d'une enquête publique - sur le modèle de celle qui s'est penchée sur les inondations dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean l'été dernier - afin de tenter de cerner les causes de la catastrophe.

L'enquête devra se pencher sur la gestion du réseau pratiquée par Hydro-Québec. L'enquête devra aussi analyser les changements climatiques qui peuvent ètre à l'origine de cette tempête de glace jamais vue de mémoire de Québécois et tenter d'en prévoir les impacts futurs. La planète change et est en mutation globale - on peut d'ailleurs suivre l'histoire de cette mutation sur le site Global Change, une source essentielle d'informations - et nous devons nous attendre à d'autres événements semblables dans le futur. Personne n'est à l'abri !

Ce qui est remarquable malgré la détresse - et il faut le noter avec vigueur - c'est le sang-froid, le sens de la débrouillardise et de l'adaptation de tous ceux et celles qui ont traversé ces moments difficiles. Puis, le dévouement des bénévoles. Enfin, la patience et le courage des travailleurs qui reconstruisent ce qui a été détruit.

MERCI

Monique Dumont


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