Projet d'art    en tant qu'art    et au delà

Option : Diffusion publique du projet permise

Description :

La rationalisation du territoire, son découpage en lieux articulés se perpétue dans le temps auprès des groupes, conseils, tribus, institutions et individus qui le revendiquent. Exemple : le quartier où j'ai grandi à ville Saint-Laurent, en banlieue de Montréal. Autrefois un marais (baptisé Queue-de-pouille sous le régime de la Nouvelle-France). Queue-de-pouille a remplacé un nom iroquois, puis un nom algonquien. Queue-de pouille porte maintenant le nom de « Quartier Chameran » et fait partie de la municipalité de Saint-Laurent. Quel changement de dénomination, de territorialisation et de queue ! Quel nom ce territoire portera-t-il en l'an 3000 ? Pied-de-pouille ? Nez-de-pouille ? Se transformera-t-il en Red Light homosexuel avec des gars dans des vitrines ? Et on le surnommera Queue de couille? Ou bien servira-t-il à l'agriculture sous-terrestre, avec 2000 étages d'une plante transgénique adaptée à la bio-dynamique du lieu (des queues de pouilles mangeables) ? Je revendique ce CHANGEMENT de nom et de statut comme oeuvre d'art, tant que ces changements peuvent être associés à la dénomination la plus ancienne offerte par la mémoire.... Que cette association soit d'ordre physique, métaphysique, linguistique, métacosmique m'importe peu. L'idée du changement vient de celle, paradoxale, de l'association avec la dénomination la plus ancienne que je connaisse de l'objet. sujet à matière d'art. L'idée du changement vient de celle du vide.

Benjamin Muon, Ancien site du Faubourg à la mélasse, 7 mai 1999, 14 h 45

Eric Létourneau
eric_letourneau@radio-canada.ca


  

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